04.06.2008
Un peu d'histoire: intervew de André Lewin
INTERVIEW ACCORDEE PAR M. ANDRE LEWIN, ANCIEN AMBASSADEUR DE FRANCE EN GUINEE ET PRESIDENT-FONDATEUR DE L’ASSOCIATION D’AMITIE FRANCE-GUINEE
1°) Comment vous est-il venu l’idée de créer une association d’amitié entre la France et la Guinée ?
Comme vous le savez, j’ai été ambassadeur de France à Conakry de 1975 à 1979, ce qui m’a permis de connaître, d’apprécier et d’aimer la Guinée. C’est au début de 1980 que j’ai créé ladite association, compte tenu de mon profond attachement à la Guinée. En 1984, l’association comptait 400 adhérents. Je précise, pour la petite histoire, que le Président F.Mitterrand en était sympathisant, mais pas adhérent parce qu’il n’a jamais payé de cotisation. Ma dernière visite en Guinée remonte à 2006 à l’occasion d’un congrès médico-pharmaceutique. Je compte m’y rendre de nouveau en avril 2008. Je n’ai pas de pied-à-terre en Guinée, bien que Sékou Touré eut proposé de me donner une case. Je précise que je suis depuis 2003 citoyen d’honneur de la Ville de Conakry.
2°) Ambassadeur à Conakry, vous êtes surtout perçu comme un ami personnel de Sékou Touré pendant les années de plomb (arrestations arbitraires, tortures, assassinats, etc…). Aviez-vous posé à votre ami personnel, ne serait-ce qu’une seule fois, la question de savoir pourquoi il martyrisait autant son peuple qui semblait pourtant l’adorer ?
Lors de mon séjour diplomatique en Guinée, j’avais parmi mes objectifs la libéralisation du régime de ce pays. Mes relations avec Sékou Touré m’ont permis d’aider à la libération de ses prisons de ceux qui y étaient incarcérés. Cependant, il ne s’agissait que d’Européens, de Libanais ou d’autres étrangers mais hélas pas d’Africains, ce qui me donne quelque part un sentiment d’échec. Je n’ai jamais hésité à lui en parler, y compris dans des allocutions publiques en sa présence. Et d’une certaine manière, après le « complot peuhl » de 1976, au tout début de mon séjour, il n’y a plus eu d’arrestations massives comme dans les années précédentes. Le fait que la relation avec la France était désormais confiante et non plus antagoniste a, bien entendu, contribué à une certaine libéralisation ; comme l’a fait en 1978 la réconciliation de Monrovia avec Senghor et Houphouët. Mais je reconnais que cela n’allait certainement pas assez loin ni assez vite. Je rappelle, par ailleurs, que Sékou Touré n’avait jamais hésité à faire exécuter certains de ses amis, et je lui ai d’ailleurs dit un jour ( et il ne l’a pas contesté ) qu’il avait fait tuer des gens qui étaient certainement plus fidèles que certains autres qui restaient à ses côtés ! Quant à l’adjectif « personnel »qui qualifie mon amitié avec Sékou Touré, c’est lui-même qui l’a utilisé mais j’en étais flatté.
3°) Ai-je bien entendu ce que vous dites, à savoir que vous étiez flatté par le caractère « personnel » de votre amitié avec Sékou Touré ?
Oui ! D’autant que cette relation confiante était l’une des conditions de la réussite de ma mission, qui avait trait aux liens entre la Guinée et la France, qui étaient restés exécrables de 1958 à 1975. J’ai travaillé avec Sékou Touré dans une atmosphère de sympathie, de compréhension et de confiance ! Je prépare, d’ailleurs, depuis 25 ans une biographie de Sékou Touré, dont la publication est prévue pour fin 2008.
4°) Le rôle d’un ambassadeur, me semble-t-il, est moins de tisser des liens personnels d’amitié avec le chef de l’Etat auprès duquel il est accrédité ( même si ça facilite les choses ) que de développer des relations harmonieuses de coopération entre cet Etat et le sien. Devenu pourtant l’ami personnel de Sékou Touré, n’avez-vous pas été horrifié par certains actes grotesques et criminels de ce dernier comme, par exemple, le sort réservé au garçon de 13 ou 14 ans du nom de Lamarana Diallo qui aurait été chargé par Telli Diallo de liquider le « responsable suprême de la révolution » ?
Oui, j’ai été horrifié, comme la plupart de mes collègues ambassadeurs à Conakry ( il y avait les Américains, les Allemands, les Suisses, les Italiens ) ! Les charges retenues contre ce gamin relevaient de la paranoïa. Je tiens à souligner que Telli aurait pu se réfugier à l’ambassade de France pour éviter le sort que lui a réservé Sékou Touré ; j’aurais tout fait pour le préserver. J’ajoute que dans cette histoire, Ismaël Touré a joué un rôle trouble. Il n’aimait pas Saïfoulaye Diallo, encore moins Telli Diallo. Pour des raisons de jalousie qui remontent loin dans le temps ! Ismaël Touré a toujours été soutenu par Sékou Touré bien qu’il ait été puni pendant quelques semaines en étant confiné à Faranah dans la concession familiale. Avec Ismaël Touré, je qualifierais les relations que j’avais eues avec lui de convenables. Quant au ministre Moussa Diakité, il m’a un jour demandé de me contenter de mon rôle d’ambassadeur et de ne pas chercher à jouer au libérateur de tous les détenus.
5°) Je reviens sur le cas du petit Lamarana Diallo qui constitue tout un symbole. C’est votre droit de clamer haut et fort votre fierté d’avoir été l’ami personnel de Sékou Touré. Cependant, vous reconnaissez vous-même avoir été accueilli, enfant, par un pays généreux et humaniste, la France qui vous a sauvé la vie à vous et à vos parents et qui vous a donné la possibilité et l’honneur de la représenter dans des instances internationales. Vous était-il impossible d’imaginer que le petit Lamarana Diallo allait subir le cruel destin auquel vous avez heureusement échappé en Allemagne nazie ?
Comme vous le savez, M. Diallo, sous Sékou Touré, il y a eu des dizaines de personnes arrêtées, détenues, torturées, exécutées, non seulement des cadres et des hommes adultes, mais aussi des enfants, des femmes, des vieillards, etc…Il y a eu des pendus ! Moi, je ne cherche pas des excuses mais des explications à ces pratiques évidemment condamnables. La politique que la France a menée après 1958 et jusqu’à la réconciliation de 1975 en a été pour une bonne partie responsable, et je n’ai jamais cherché à l’occulter. Mais il y a eu d’autres facteurs, en dehors aussi d’une certaine propension de Sékou Touré lui-même et de son régime au totalitarisme et à la violence: l’hostilité de certains pays voisins ( le Sénégal de Senghor, la Côte d’Ivoire d’Houphouët ), la virulence des opposants et en particulier de ceux qui avaient dû s’exiler, les réactions de ceux qui souffraient de la politique menée au nom de l’idéologie révolutionnaire ( notamment les commerçants, les agriculteurs, les éleveurs, beaucoup de cadres, chez les Peuhls, mais pas seulement chez eux ).
6°) Pour vous, Sékou Touré serait-il moins coupable que la France ?
N’exagérons rien. Mais la politique de la France de cette époque a contribué à pousser Sékou Touré à faire ce qu’il a fait. Et les conséquences en sont encore perceptibles aujourd’hui.
7°) Parlons d’une accusation portée contre vous par certains Guinéens, alors étudiants dans des universités françaises pendant que vous étiez en poste à Conakry. Ils soutiennent que vous seriez à l’origine de la traque lancée contre eux par M. Poniatowski, ministre de l’intérieur, au motif qu’ils étaient hostiles aux méthodes de votre ami Sékou Touré. Qu’en est-il ?
C’est la première fois que j’entends cette accusation ! Je n’y suis pour rien ! La seule chose que je sache, et ce n’est pas moi qui l’ai demandé, c’est que certaines publications d’opposants ont été interdites en France. En revanche, je reconnais avoir été pour quelque chose dans l’interdiction du livre « Prison d’Afrique » de Jean-Paul Alata. Je rappelle que ce dernier avait été déchu de la nationalité française par le Conseil d’Etat, en raison de son attitude viscéralement anti-française. Sékou Touré lui-même m’a dit un jour, mais je pense qu’il exagérait, que toutes les mesures anti-françaises qu’il avait prises au début de son régime l’avaient été sur le conseil d’Alata. J’en connais quelques autres qui ont dû pousser dans ce sens. Alata espérait par ce livre fléchir Sékou Touré et l’inciter à laisser son épouse et son fils guinéens à venir le rejoindre. J’étais persuadé du contraire et pensais que la publication allait raidir Sékou Touré et compliquer ma mission. Poniatowski l’ayant interdit en France, le livre s’était bien vendu ailleurs, comme à Genève ou en Belgique. L’interdiction a d’ailleurs été cassée par le tribunal administratif quelques années plus tard, mais à ce moment là, cela n’avait plus d’importance. Jean-Paul Alata s’est par la suite installé en Côte d’Ivoire, et y est mort, selon certains témoignages empoisonné justement par sa femme, sur ordre de Sékou Touré.
8°) Parlons maintenant d’un sujet à la mode : le cinquantenaire de la Guinée pour la préparation duquel vous êtes associé. Croyez-vous qu’il faille réhabiliter Sékou Touré le 28 septembre ou le 2 octobre 2008 ?
Ce n’est pas le cinquantenaire de Sékou Touré qu’il faut célébrer, mais celui de la Guinée indépendante. Il ne s’agit en rien de réhabiliter Sékou Touré, mais de faire un bilan public, objectif et contradictoire sur ce qui s’est fait de très bien, de bien, de médiocre ou de détestable au cours de ces cinq décennies, là encore sans oublier l’héritage de l’époque coloniale. Il ne doit y avoir aucune plaque commémorative, mais il ne faut pas occulter le passé, ce qui a été positif, ce qui a été négatif, et qui pèse encore sur les esprits des Guinéens. C’est l’occasion de mettre les compteurs à zéro, car il s’agit d’un problème de mémoire collective. La Guinée a maintenant derrière elle 25 ans de Première République et 25 ans de Seconde République. Je pense qu’il faut faire un bilan objectif des années « Sékou Touré », y compris celui des droits de l’Homme. Il ne s’agit pas du tout de réhabiliter Sékou Touré, car ce n’est pas l’objet ; mais il convient d’esquisser un bilan, de le mettre à sa juste place, comme tous les autres responsables qui ont joué un rôle dans le déroulement de cette histoire.
9°) Avec le recul, pourriez-vous qualifier de « globalement positif » le bilan de Sékou Touré ?
J’affirme que Sékou Touré avait les capacités et le prestige nécessaires pour que son bilan soit globalement positif. Ce n’est pas le cas, car il y a trop de points négatifs dans son action. Il faut être lucide sur ses excès, et je l’ai toujours été ! Je pense que son bilan est positif notamment dans le domaine des arts, de la culture et des sports. Sékou Touré a fait des efforts en matière de formation et d’éducation, en dépit du caractère obsessionnel de son idéologie. Béhanzin est pour quelque chose dans cette dérive radicale. Par contre, sur le plan économique, c’est largement un échec, dû à la collectivisation systématique et à outrance. On note du positif pour l’exploitation de la bauxite ( les trois sites de Fria, Kindia, Boké ont été mis en exploitation entre 1960 et 1975 ) ; mais des ratés pour la mise en valeur des gisements de fer du Nimba-Simandou, dont j’espère qu’ils sont aujourd’hui enfin prêts à être exploités pour le plus grand bien de tous les Guinéens et le bénéfice de toutes les régions du pays. Sur le plan politique, Sékou Touré a conduit la Guinée à l’indépendance sans un seul coup de feu ( que l’on pense au Vietnam ou l’Algérie, pour ne parler que des territoires qui étaient sous souveraineté française ) et il a également contribué de façon positive à l’unité africaine. Sur le plan des droits de l’Homme, en revanche, le bilan est totalement négatif ! J’ai eu l’occasion de le dire devant lui, en lui conseillant ouvertement de changer de politique, lors d’un colloque qu’il avait organisé en novembre 1978 sur « Droits de l’homme et droit des peuples ».
10°) N’étant pas « globalement positif », le bilan de Sékou Touré serait-il alors « globalement négatif » ?
Non, il n’est ni l’un ni l’autre !
11°) Alors, serait-il « globalement nul » ?
Je ne dirais pas cela. Votre raisonnement est trop mathématique, M. Diallo !
12°) Quelle comparaison pourriez-vous faire entre le régime de Sékou Touré et celui du Général Conté ?
Je connais sans doute moins bien les conditions actuelles, bien que je m’efforce de suivre avec attention ce qui se passe dans ce pays. Les deux régimes se caractérisent par énormément d’espoirs, dont beaucoup ont malheureusement été déçus! Certains gouvernements, certains Premiers ministres, certains ministres, certains responsables, ont fait de leur mieux, mais globalement, si l’on considère le formidable potentiel de la Guinée, on reste sur l’impression d’un formidable gâchis. Le premier a conduit la Guinée à la ruine au moins économique par la confusion du parti et de l’Etat et une vision idéologique qui n’était sans doute pas adaptée à l’esprit de la population ni au contexte africain. Le second, qui a su donner en 1984 une impulsion libérale et à desserrer une atmosphère trop étouffante, a moins de passif en matière de droits de l’Homme ( avec cependant les évènements de 1985 et ceux de 2007 ) sans toutefois réussir le virage économique tant espéré. Et que mérite amplement le peuple guinéen, qui n’a que faire des querelles et des ambitions qui se jouent au sommet.
13°) Abordons, à présent, le problème de l’unité nationale en Guinée. Ne trouvez-vous pas normale la frustration d’une certaine communauté, parmi les plus nombreuses, qui constate qu’aucun de ses représentants ne soit aux principaux postes de commande du pays ( Présidence de la République, Primature, Assemblée Nationale, Conseil Economique et Social, Patronat, Cour Suprême, Finances, Intérieur, « Extérieur », « grandes » ambassades comme Paris, Londres, Bruxelles, Berlin, Washington, Moscou, Ottawa, Tokyo, New Delhi, Pékin, Djedda, Dakar, Abidjan, Rabat, etc…) ?
Vous avez raison, dans une vraie démocratie, il faut que toutes les composantes de la Guinée soient représentées équitablement, dans les hautes sphères de l’Administration. Mais je trouve dommage qu’on continue à raisonner encore en termes d’ethnies, à tout juger en termes d’ethnies. La question ethnique se posant en Guinée, on ne doit pas l’occulter. Mais ce n’est pas le seul instrument de mesure dans un pays.
Je reconnais que Sékou Touré n’est pas innocent dans cette affaire, lui qui avait à un moment déclenché une véritable guerre à toute une communauté, forçant beaucoup de ses membres à l’exil. C’était excessif de sa part. Une véritable erreur ! Pourtant, d’éminents Peuhls lui sont restés fidèles jusqu’à la fin. Et la répression n’a pas épargné les Malinkés.
14°) une erreur ou une faute lourde de conséquences ?
Sans doute, à la fois une erreur et une faute !
Voyez-vous, mon rêve pour la Guinée était une solution politique à la libanaise, comme cela a été décidé autrefois, avec une répartition équitable et équilibrée entre les ethnies ou les religions pour les principaux postes à la tête de l’Etat. Mais l’exemple de ce qu’est aujourd’hui devenu le Liban est terrifiant et rend, je le crains, mon idée illusoire. A moins que les Guinéens ne parviennent enfin à dépasser ces clivages, où les générations jouent aussi leur rôle, et à raisonner et à agir globalement, en terme de peuple ( vous voyez, j’emploie volontairement le singulier ), de nation et d’Etat.
15°) Croyez-vous que le choix de Lansinè Kouyaté comme Premier ministre ait été une bonne chose pour la Guinée ?
Je connais et j’apprécie Lansana Kouyaté depuis longtemps ; il a été choisi à la suite d’une crise où la société civile a, pour la première fois, joué un rôle décisif et positif. Il dispose donc de beaucoup d’atouts, dont je pense qu’il tente de les jouer habilement ; mais je ne peux pas me permettre de juger dès aujourd’hui de son action. Nous devons actuellement nous attaquer au bilan de 50 années d’indépendance, et non pas à celui de 12 mois d’exercice de pouvoir. L’heure de faire son bilan arrivera aussi. Je souhaiterais que nous en parlions une autre fois.
Propos recueillis le 15/02/2008 par Ibrahima Kylé Diallo,
Directeur de la rédaction de www.guineepresse.info
On lui tire le chapeau. De toute façon nulle ne peut faire disparaitre l'histoire, toutes les zones d'ombre qui subsiste encore dans le parcours de l'ancien régime et même du présent seront levées progressivement; on saura tous ce qui s'est passé.
10:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : camp boiro, andré lewin, sékou touré, diallo telli
12.05.2008
L’impossible challenge de la France et de ses complices : ‘’tuer‘’ Sékou historiquement.
Tel est le titre d'un article publié dans kababachir.com en date du 10/05/2008 dans lequel, l'auteur Aboubacar Soumahoro, sociologue tente de dénoncer, selon lui, une certaine volonté de la France de faire disparaître Sékou Touré en tant qu'acteur de référence de l'histoire guinéenne et du monde. Encore une fois, nous ne voyons rien concernant l'auteur. On ne sait pas qui il est, ni ce qu'il fait, où il vit bref un certain nombre d'informations sur lui qui nous feraient voir à qui nous avons affaire et quellesorte de jugement nous pouvons avoir face à son argumentation. Mais passons cette étape puisque tous les sites guuinéens font en fait la même erreur.
En ce qui concerne l'article lui-même, pour nous inscrire dans notre logique de témoins vous et moi à travers ce blog, reprenons-le entièrement et voyons ce que nous pouvons en dire. On pourrait nous rétorquer alors, nous même qui sommes pour dire quoi que ce soit sur ce que disent les autres. Quelle qualité avons-nous pour dire sur ce que disent les autres? Eh bien nous sommes guinéens tout simplement, donc en tant que tel tout ce qui concerne notre pays peut retenir notre attention au point qu'on en dise quelque chose. Ceci étant dit tel est notre article:
"Petit rappel
En 1958, la République française consulte ses colonies, le plus officiellement du monde, sur leur avenir. Notre pays, la Guinée, choisît alors sa souveraineté totale, au cours d’un Référendum en bonne et due forme.
Mais c’était vraisemblablement une arnaque, puisque ladite République française déclenche aussitôt un cycle de sabotages économiques et financiers, et de complots incessants, en s’appuyant sur des ‘’ Guinéens ‘’ immatures, même s’ils pouvaient revendiquer des titres et des diplômes à l’époque.
Au sujet de ces sabotages et complots, des Français de France, des ‘’originaux ’’ authentiques, officiels et officieux, depuis trente ans bientôt ont publié moult livres et articles, dans lesquels ils reconnaissent avec force détails, et avec un cynisme cavalier, tout ce qu’ils ont fait, et avec qui ils l’ont fait, pour plonger la Guinée et son peuple dans la tourmente de façon durable.
Des gens comme Roger Faligot et Daniel Krop, Pierre Messmer, François Mitterrand, Jacques Foccart, Pierre Péan, Maurice Robert, et j’en passe, ont tous témoigné de la terrible et infernale situation de guerre, de nature ’’ terroriste-d’Etat’’, où ils ont totalement et entièrement plongé la Guinée de 1958 à 1984. Et puis, d’excès en excès, monstrueusement, on avait tout de même vu cette ignoble persécution culminer à l’occasion de l’Agression impérialo-portugaise du 22 Novembre 1970 !
Bien plus tard, après la mort et les funérailles grandioses, et encore inégalées, du Président Ahmed Sékou Touré, on avait bien vu la France et sa horde satanique venir ici, chez nous, faire kidnapper tous les parents et fidèles compagnons de notre défunt président et de notre peuple, sélectionnés par centaines au sein de son ethnie, à de rares exceptions près, même si ces exceptions ont concerné des monuments de notre histoire (El hadj Lansana Béavogui, N’famara Keïta …), et tous occis à Kindia très rapidement, dans une ambiance d’hilarité démoniaque et facétieuse.
Sans procès aucun, à part celui imaginaire que Bassirou Barry, alors ministre d’une justice on ne peut plus félonne, avait proclamé dans un mensonge indigne même d’un esclave !
Aujourd’hui encore, revoilà la Françafrique voyou, par RFI interposée, qui va tenter d’occulter toute cette criminalité hideuse, et toute la délinquance ‘’droguée’’ et effrontée qu’elle avait instituée contre notre peuple, et dont les effets ont durablement installé celui-ci dans une misère imméritée, où il se débat encore de nos jours. Une misère dont le côté humain est le plus dégoûtant, le plus dramatique.
D’authentiques traîtres guinéens et des comploteurs de toutes origines, n’ayant jamais eu d’autre vocation que la conspiration d’égout, ont été arrêtés en Guinée en flagrant délit, ont été jugés et condamnés par les instances les plus représentatives de notre peuple, érigées en tribunaux populaires légaux et légitimes. Et voilà que maintenant au terme d’un banditisme criard, prôné par des lobbies constitués et sustendus par la Françafrique, on veut faire de la prestidigitation en occultant l’autorité de la chose jugée, et en érigeant sur des stèles de la honte, ces traîtres et comploteurs, présentés en ‘’victimes’’. Il en est même qu’on tente d’ennoblir, par exemple : Naby Youla, nommément désigné par Maurice Robert dans son livre « Le Ministre de l’Afrique » comme un ‘’Honorable correspondant’’. C’est en effet lui que, par suite d’une logique supra-humaine, notre gouvernement vient de ‘’nommer’’ comme ‘’président’’ d’une explosive et combien dangereuse ‘’commission de dialogue et de réconciliation’’, dont la vocation explicite est la substitution du mensonge et de la haine d’éléments pourris de la Guinée, à la vérité de notre histoire comme si cela était possible !!!
Dès lors, avant tout débat national, aussi pipé qu’on puisse le pressentir, RFI a déjà tranché…
Elle prône déjà les épithètes et les quolibets d’un journalisme de caniveau, nauséabond et incitateur à des confrontations sanglantes. Elle a déjà décidé que les ’’Guinéens’’ allaient ‘’s’exprimer sur les exactions du régime de Sékou Touré’’. Sans politesse et sans égard aucun pour la misère de notre peuple, victime réel et unique de la France, RFI a déjà désigné des ‘’bourreaux’’ à la dimension de ses jeux macabres dont la Guinée a déjà tant souffert. Elle oublie que le peuple de Guinée s’était déjà fait une idée desdits ‘’bourreaux’’ lorsque, dans les années 1985 à 1993, des forces occultes d’extraction françafricaine étaient venues programmer ici, comme au Rwanda à la même époque, un génocide bien précis. Lorsqu’alors des gens mal contenus avaient dit vouloir ’’finir’’ une certaine ethnie en Guinée, pour aller plus tard ‘’en cas de besoin’’, aller chercher la semence dans un de nos pays voisins !
La françafrique en Guinée, maintenant, avec les ‘’ayants droit’’ d’apatrides guinéens manipulés d’antan’’, de ‘’traîtres professionnalisés qui étaient nés ici’’, et de ‘’comploteurs impénitents’’, victimes uniquement de leur propre bêtise, la françafrique dis-je, dans les derniers soubresauts, surréalistes et atterrants, de son agonie irréversible, veut encore insulter notre peuple qu’elle méprise. Qu’elle a toujours méprisé. Elle veut faire juger les héros de notre indépendance et ses défenseurs par des comparses qu’elle avait utilisés pour saper notre essor.
Si les Naby Youla et autres Portos, nos traîtres à nous, ces ‘’Français politiques anti-guinéens’’, sont réellement des conciliateurs valables, pourquoi ne s’agiteraient-ils pas en France, avec les descendants des Pétainistes et des autres collaborateurs pro-nazis, pour donner la parole à ceux-ci contre les De Gaule et les Jean Moulin de la Résistance ?
Alors, il faut que la françafrique et ses comploteurs, traîtres et consorts sachent bien, et une fois encore pour toutes, que notre pays les méprise le plus profondément que possible. Et comme en Septembre 1958 et en Novembre 1970 notamment, (c'est-à-dire : ‘’entres autres’’, car des dates de ce genre en matière d’écrasement de punaises et de taupes, la Guinée a en eu trop !), ils trouveront toujours notre peuple sur leur chemin.
A bon entendeur salut !"
Voilà qui dit et bien dit. Ce que nous pouvons retenir c'est que, ce que notre noble sociologue appelle "françafrique" est entrain de se déployer dangereusement, à travers notamment des organes de presse ou tout autre moyen, de se déployer en Guinée et falsifier l'histoire de notre pays sur toute la ligne, surtout celle concernant la période sékou touré. Que contre cette situation il s'insurge avec la plus grande vigueur dont ce texte est l'illustration même sinon l'une des illustrations. Cela c'est sur la forme. Sur le fond, ça devient plus intéressant. Aujourd'hui il est presque de notoriété publique que le régime de sékou touré a fait plus de mal à notre pays qu'il n'a fait de bien. Cette thèse est défendue bec et ongle par une grande partie de la population guinéenne. Il n'est pas anécessaire de revenir sur tous les arguments qu'avancent les tenants de cette thèse, nous les connaissons tous et il se trouve que de nos jours il existe des personnes qui témoignent quotidiennement de ce que, eux, leurs parents, leurs amis etc sont tombés sur les balles ou autres exactions du régime sékou. Mais nous savons également qu'à côté de cela, il existe des guinéens qui sont profondément convaincus qu'en fait sékou touré n'a rien fait ou même s'il a fait, on l'a manipulé et poussé à le faire. Que tous les complots dont il parlait à l'époque ont belle et bien existé et que la condamnation et l'exécution de tous les détenus du camp Boiro et autre sites de détentions de l'époque sékou se justifiaient. Car ceux qui y ont laissé leur peau étaient des "traitres" à la solde des puissance impérialistes donc énnemis de la jeune révolution guinéenne. Le mot "traite" et autres semblables reviennent beaucoup dans l'analyse de notre sociologue. Pour tout dire notre intellectuel planche pour cette seconde manière de voir l'histoire de notre pays, précisément celle qui couvre la période du régime de sékou touré.
Encore une fois c'est très intéressant de défendre ce point de vue, comme il est intéressant de défendre le point diamètralement opposé. Le tout est de savoir dans quelle position se trouve la vérité. En réalité l'histoire ne s'invente pas. Ce qui incombe aux guinéens de nos jours, c'est de faire mener des enquêtes impartiales sur tous les crimes ou supposés en guinée conakry, au besoin des enquêtes dilligentées par des instances internationales, pour établir une fois pour toute pourquoi certaines personnes ont été tuées, qui les a tuées, dans quelles conditions elles ont été tuées, où ont-elles été enterrées etc etc ? Oui parce que nous autres les jeunes d'aujourd'hui, à travers certains véhicules d'informations, on nous parle de cabine technique, de diète noire ou atrocités de ce genre qui ont existé pendant le régime sékou. Mais diantre! il faut qu'on sache ce qui s'est réellement passé! qui a fait quoi, au nom de quoi etc etc? Les rescapés du camp Boiro qu'ils soient guinéens ou étrangers, les fils des détenus non exécutés et exécutés au camp Boiro et autres camp de détention auraient-ils tous menti? Si tel est le cas qu'il ont menti, y a t-il eu oui ou non des exécutions d'opposants politiques à cette époque? Si oui qu'est ce qui justifiait ces exécutions, peut-être comme le dit notre sociologue, il ne s'agissait que de traitres, de comploteurs au services des puissances réactionnaires, mais cela justifiait-il pour autant toutes les atrocités dont on parle en évoquant le camp Boiro et autres ?
Je compte sur vous pour prolonger le débat, chers internautes.
15:16 Publié dans Réaction | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ethnie, françafrique, sékou touré, guinée, peuple de guinée, portos, 1958


