17.06.2008
Emeutes de policiers à Conakry
Après les militaires, c'est le tour des forces paramilitaires.
Lundi 16 juin, les agents de services de polices guinéennes ( routière, sécurité, protection civile...) ont déclenché spontanément un mouvement de grève à Conakry, la capitale guinéenne. Ils réclameraient, entre autres, le rappel des policiers recrutés en 2006, l'intégration immédiate des dernières recrues, des avancements en grade, le ravitaillement en riz, la libération de certains de leurs camarades détenus à la Maison Centrale de Coronthie. Pour manifester leur colère, ils ont procédé à des tirs à l'arme automatique, barricadé plusieurs routes et pris en otage certains hauts cadres de la police. En un mot, les policiers imitent les militaires qui se sont faits entendre par ce genre d’actions. Le mouvement de grève de ce lundi a démarré aux environs de 8 heures. Les automobilistes et autres usagers de la route ont été surpris de ne voir aucun policier au niveau de différents carrefours de Conakry. Ce qui a créé un embouteillage monstre, notamment à Bambeto, un quartier chaud de la haute banlieue de Conakry. Le trafic a été également très dense du côté du Pont des Pendus du 8 novembre. Surtout du fait des tirs nourris en provenance de la base de la Compagnie Mobile d'Intervention et de Sécurité (CMIS) de la Camayenne. Des agents de la CMIS n'ont pas hésité à barricader la route, réquisitionnant des véhicules et brisant les vitres de certains taxis. M. Sékou Mohamed Bangoura, directeur national de la police, qui était venu aux nouvelles, M. Mara Thermite, directeur de l'Office Central Anti-Drogue ( OCAD), Alpha Oumara Baldé, directeur général adjoint de la CMIS et Mamadi Mansaré, directeur général de la Sûreté Urbaine de Conakry auraient même été pris en otage et séquestrés. Le Général Diarra Camara, chef d'état-major général de l'Armée qui était allé négocier avec les policiers aurait également été conspué. On lui aurait gentiment demandé d'aller voir ailleurs, puisque ce n'est pas une affaire militaire. Le mouvement des policiers fait suite à la revendication des soldats du Camp Alpha Yaya qui, suite à leur mouvement de grève du 23 au 30 mai dernier avaient obtenu satisfaction. Ces crises récurrentes en Guinée dénotent d'un climat de fin de règne du Président Conté. Chaque jour qui passe prouve que la Guinée n'est pas gouvernée. Plus rien ne pourrait restaurer le respect du supérieur et de la chose publique avec ce régime qui a déjà cédé aux chantages des bandits après que ces derniers aient eu à massacrer des populations civiles innocentes ! Y aurait-il un ATT pour sauver la Guinée ? Que les militaires patriotes de toutes tendances confondues se donnent les mains pour sauver enfin notre pays !
07:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : émeutes, policiers, police guinéenne


