30.05.2008

Grèves des soldats mutins de Guinée : déclaration de la société civile

logo-cnosg.jpgSur la grogne des soldats, nous vous livrons en intégralité la déclaration de la société civile de Guinée. La Guinée connaît depuis le Samedi 24 Mai 2008 une mutinerie militaire qui a causé plusieurs pertes en vies humaines, des blessés et d’importants dégâts matériels au moment où les populations sont confrontées aux pires difficultés de subsistance. La situation actuelle résulte de la mauvaise gouvernance que les acteurs de la société civile ont toujours dénoncée. Les mutineries, dont la gravité, la fréquence, et les effets sur les populations civiles, seules victimes, sont devenues de réelles menaces pour la paix sociale et les acquis du changement, obtenu grâce à un lourd sacrifice consenti par le peuple de Guinée. Aujourd'hui, l'impossibilité de mener toute activité aggrave encore plus la situation, déjà critique, de ces mêmes populations prises en otage et terrorisées. Le Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne, exprime ses vives préoccupations par rapport à la situation ainsi créée et condamne ce qui constitue une atteinte à l’état de droit et aux libertés fondamentales en Guinée.
En conséquence, le CNOSCG exige l’arrêt immédiat et sans conditions des tirs d’armes à feu et condamne fermement toutes les violences faites aux civils. Le CNOSCG en appelle à la conscience de tous pour épargner les populations et rappelle que le premier devoir de l’armée est de protéger les citoyens. Le CNOSCG lance un appel à toutes les forces vives, centrales syndicales, partis politiques, société civile, pour la mobilisation générale en vue d’une concertation et trouver des solutions pacifiques aux problèmes de l’heure. Le CNOSCG invite le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour préserver la paix sociale. Mobilisons nous pour le vrai changement dans la paix

Conakry le 30 Mai 2008

Mutinerie des soldats guinéens : déclaration du chef major général des Armées

La grogne des soldats du camp "Alpha Yaya Diallo" a amené le Chef d’Etat Major Général des Armées à faire une déclaration radio-télévisée le jeudi, 29 mai 2008 afin, espère-t-il de « ramener tout le monde dans le rang ». Surtout que, certifie le Général Diarra Camara, les revendications des soldats ont été « prises en considération » et « soumises à l’approbation du Chef de l’Etat » et que, souligne-t-il, « Des mesures très appropriées ont été immédiatement prises ». 

Voici cette déclaration :

« Chers compatriotes,
Voilà déjà une semaine que nous vivons dans un climat de méfiance entre les fils d’une même armée. Cependant, aux premiers jours des revendications nous les avons prises en considération et les avons soumises à l’approbation du Chef de l’Etat.
Des mesures très appropriées ont été immédiatement prises :   
-         la libération de nos camarades de Kassa [ndlr GCI : île située au large de Conakry où étaient détenus les soldats interpellés] ;
-         la démission du Ministre de la Défense nationale ;
-         le paiement graduel des cinq millions revendiqués par personne ;
-         l’examen très favorable du prix du riz ; etc.
J’ai espoir que ces mesures doivent nous ramener au calme et à la sérénité. Avec vous, je voudrais, pour l’avenir de notre armée, œuvrer afin que nous nous placions au diapason des autres armées de la sous région.  
J’espère que cette déclaration ramènera tout le monde dans le rang.
Je vous exhorte à penser aux conditions économiques de la Nation et à notre population dont nous avons charge de défendre la vie et les acquis.
Vive l’armée guinéenne.
Vive la paix.
 Je vous remercie ».

 

L'armée guinéenne, une armée de voyous

Notre armée qui se réclame comme une armée unie vient de montrer aux guinéens et de la Communauté Internationale qu'il est une armée sans formation disciplinaire et sans notion de droit de l'homme. S'ils ont des problèmes avec les autorités militaires ou l'État, pourquoi s'en prendre aux Magasin, aux Stations Essence et aux personnes innocentes. Ils ont le droit de manifester, mais pas le droit de piller les magasins et tuer le pauvre citoyen. Selon la constitution du pays, tous les guinéens sont égaux devant la loi, sans exception fonction. Donc le gouvernement doit mettre politique du respect de loi en Guinée. Les militaires qui partent contre la loi, doivent être remis à la justice pour être jugé. Les revendications des militaires : « La libération des militaires interpellés suite aux événements de janvier - février 2007 ; Le limogeage du ministre de la Défense nationale ; Le payement de cinq millions de francs guinéens par soldat ; La baisse du prix du riz destiné aux soldats ; Le départ de l'Intendant général et d'autres hauts cadres de l'armée ; La non-poursuite pour fait de revendication », doivent être analysés avant d'être accepté sans aucune procédure légal. Les militaires ne sont plus que les fonctionnaires de l'État. S'il est vrai qu'ils ont des arriérés de payement non payer, ils doivent être payés comme tous les autres. Dans les années passées, le dictateur le Général Lansana Contée a multiplié le nombre des militaires sans formation nécessaire et sans encadrement, cette augmentation de nombre avait pour cause de massacrer le peuple de Guinée en cas de manifestation ou de révolté. Aujourd'hui la Guinée a plus de 9 700 militaires pour un peuple 9 4 millions sur une superficie de 245 900 Km2, avec une dette de plus 3 Milliards de dollars. Sans compter la Police, chaque militaire à 969,072 guinéennes à protéger. Sans aucune formation disciplinaire, de droit du peuple et de l'homme, sans aucune connaissance sur les lois du pays, sur la constitution du pays, l'armée guinée fait la honte de la Guinée suite a leur manifestation barbare sans aucun fondement réel.

Ceci étant dit et relativement à la situation de notre pays, il faut reconnaitre que s'ils font preuve de banditisme comme reflètent les évènements de ces derniers jours et que par cela ils arrivent à nous débarrasser de notre dictateur paysan, nous leur diront merci d'abord; et ensuite nous les poursuivrons en justice pour tous les malheurs qu'ils ont déjà causés à notre peuple.

Echanges de tirs entre garde présidentielle et mutins, le régime Conté tend vers sa fin

1046157491.jpgLe mouvement de colère de soldats guinéens, qui réclamaient jusqu'à présent le paiement d'arriérés de soldes, s'est transformé jeudi en mutinerie, les militaires exigeant désormais le départ de tous les généraux de l'armée, pilier du régime du général Lansana Conté.
Pour la première fois depuis le début lundi du mouvement de colère des soldats, de brefs échanges de tirs ont opposé à Conakry la garde présidentielle à des soldats mutins sur une route stratégique menant notamment au palais présidentiel.
Le chef d'état-major de l'armée, le général de brigade Diarra Camara, a de son côté demandé aux soldats mutins de "rentrer dans les rangs". Mais jeudi après-midi, des tirs étaient entendus près du camp Alfa Yaya Diallo, près de l'aéroport. Ce camp, le plus grand du pays, est le fief des mutins. Les soldats mutins demandent désormais, en plus de leurs revendications, la mise à la retraite de tous les officiers généraux. Ils estiment que les généraux n'ont pas été solidaires de leur mouvement", a indiqué à l'AFP un officier de l'armée.
L'armée guinéenne, fer de lance du régime du général Lansana Conté au pouvoir depuis 1984, compte une dizaine d'"officiers généraux".
La garde présidentielle a érigé jeudi matin un barrage filtrant près d'un pont à l'entrée de la presqu'île de Kaloum, où se trouvent le palais présidentiel, l'état-major des armées et les principales ambassades, a constaté un journaliste de l'AFP. ans l'après-midi, des militaires mutins sont venus jusqu'au barrage à bord de deux camions. La garde présidentielle a tiré vers eux. Les mutins ont répliqué et ont fait demi-tour, selon des témoins. Ces premiers échanges de tirs entre les deux parties ont duré quelques minutes. endant toute la journée, les militaires de la garde présidentielle ont fouillé les véhicules, privés ou taxi, qui entrent dans la presqu'île. Ils sont positionnés sur le pont et aux alentours, a constaté le journaliste de l'AFP. Selon des témoignages, ils patrouillent également sur la presqu'île. Voilà déjà une semaine que nous vivons dans un climat de méfiance entre les fils d'une même armée. Cependant, aux premiers jours des revendications, nous les avons prises en considération et les avons soumises à l'approbation du chef de l'Etat", a indiqué le chef d'état-major à la radio nationale. Des mesures très appropriées ont été immédiatement prises" et "j'ai espoir que ces mesures doivent nous amener au calme et à la sérénité", a-t-il souligné. J'espère que cette déclaration ramènera tout le monde dans les rangs", a-t-il conclu.
Le gouvernement avait estimé mardi soir avoir rempli les principales revendications de soldats en colère qui réclamaient notamment le paiement d'arriérés de soldes, dont certains remontaient à 1996. Le ministre de la Défense, le général Mamadou Baïlo Diallo, avait également été démis mardi de ses fonctions par le chef de l'Etat. ais la déclaration du chef d'état-major n'a pas suffi à calmer les esprits, les tirs ayant continué jeudi après-midi près du camp Alfa Yaya. Selon des témoins, une fille a été blessée par balle perdue dans un quartier voisin.
Mercredi soir, le vol Paris-Conakry de la compagnie Air France, avec 113 passagers, avait été dérouté vers Dakar, en raison de problèmes de sécurité près de l'aéroport de la capitale guinéenne. epuis lundi, au moins trois personnes ont été tuées à Conakry et à Kindia (130 km de la capitale), et des dizaines blessées par des balles perdues lors de tirs en l'air de militaires, selon des sources hospitalières et des témoins.