03.06.2008

Curieuse manière de voir les choses

Décidemment, commençons par en disant cela, oui décidemment. Les gens sont ce qu'ils sont et on peut accorder credit à leurs dires, leurs propos jusque, du jour au lendemain ils exposent leur véritables visages. Nous voulons parler de l'article paru radio-kankan.com et qui suscite notre curiosité et nous laisse on ne peut plus médusé par la gravité des propos tenus. Pour celui qui écrit (le président du conseils des jeunes de kankan Mamady Diafodé kaba) il n'y a rien à dire. Il exprime un point de vue, reste à savoir si tout son conseil se retrouve dans une telle déclaration. Mais le célébrisime radio-kankan.com, c'est incontestablement un faux pas. Un site sérieux ne publie ce genre de choses, au risque de porter atteinte à sa credibilité chez ses lecteurs. Mais lisons plutôt.
 
"Les coups bas de Lansana Conté

Après la désertion de l’armée guinéenne ce samedi face à la situation qui prévaut la Guinée,les réactions se bousculent sur radio-kankan.com.Voici cette déclaration du conseil des jeunes de la région de Kankan.
« La mutinerie des soldats guinéens constitue une saynète pour amuser le peuple de Guinée.
De quoi Lansana joue-t-il ?
_Enlever un Malinké :
_Mettre un Peulh a sa place :
_Organiser une mutinerie pilotée par un Forestier.
_Et le dirigé par Soussou qui est lui-même.Quel équilibre ethno-strategie ?
Un malade est entrain d’embarquer plus de 8 millions de personnes : Quelle idiotie de la part des guinéens !!!
Les accords tripartites obtenus par le peuple dans le sang et dans le feu se sont volatilisé.Les syndicats et la société civile ont-ils compris le jeu ?
Le peuple laborieux de guinée ! Lansana est entrain de vous diviser.
Et ; le PUP et ses hommes d’affaire vont seulement profiter de cette situation, car ils vont organiser librement les élections législatives et Somparé va se retrouver de nouveau président de l’assemblée.
Donc, les intellectuels Guinéens unissons nous pour déjouer cette tentative de ‘‘miséralisation’’ de ce peuple.Si non l’Histoire va nous condamner.
Il faut toujours rappeler que l’armée est du côté de Conté Lansana.Et, les jeunes nous regardent ; nous sommes entrain de jouer avec leur avenir à cause de l’argent.
En effet tout ce scénario profit à :
1-Conté
2-PUP
3-et Sylla patronnât et ses acolytes.
Par conséquent, toute personne doit éviter qu’elle soit rattrapée par son Histoire. »

Mamady Diafodé kaba vice président du conseil des jeunes de Kankan +22460353981, diafka@yahoo.fr

Ah oui commedirait l'autre. En fait la théorie de notre auteur n'est pas aussi stupide que cela. Les politriciens sont capables de tout. Ainsi la récente mutinerie des soldats se justifierait par le seul fait du changement de premier ministre en Guinée. Il s'agirait simplement d'une manière de camoufler le limogeage du Général Bailo à la tête de l'armée guinéenne. C'est peut-être vrai, la politique c'est d'abord et avant tout le machiavélisme. Cependant soumise à une analyse profonde cette thèse ....... je reviens 

30.05.2008

L'armée guinéenne, une armée de voyous

Notre armée qui se réclame comme une armée unie vient de montrer aux guinéens et de la Communauté Internationale qu'il est une armée sans formation disciplinaire et sans notion de droit de l'homme. S'ils ont des problèmes avec les autorités militaires ou l'État, pourquoi s'en prendre aux Magasin, aux Stations Essence et aux personnes innocentes. Ils ont le droit de manifester, mais pas le droit de piller les magasins et tuer le pauvre citoyen. Selon la constitution du pays, tous les guinéens sont égaux devant la loi, sans exception fonction. Donc le gouvernement doit mettre politique du respect de loi en Guinée. Les militaires qui partent contre la loi, doivent être remis à la justice pour être jugé. Les revendications des militaires : « La libération des militaires interpellés suite aux événements de janvier - février 2007 ; Le limogeage du ministre de la Défense nationale ; Le payement de cinq millions de francs guinéens par soldat ; La baisse du prix du riz destiné aux soldats ; Le départ de l'Intendant général et d'autres hauts cadres de l'armée ; La non-poursuite pour fait de revendication », doivent être analysés avant d'être accepté sans aucune procédure légal. Les militaires ne sont plus que les fonctionnaires de l'État. S'il est vrai qu'ils ont des arriérés de payement non payer, ils doivent être payés comme tous les autres. Dans les années passées, le dictateur le Général Lansana Contée a multiplié le nombre des militaires sans formation nécessaire et sans encadrement, cette augmentation de nombre avait pour cause de massacrer le peuple de Guinée en cas de manifestation ou de révolté. Aujourd'hui la Guinée a plus de 9 700 militaires pour un peuple 9 4 millions sur une superficie de 245 900 Km2, avec une dette de plus 3 Milliards de dollars. Sans compter la Police, chaque militaire à 969,072 guinéennes à protéger. Sans aucune formation disciplinaire, de droit du peuple et de l'homme, sans aucune connaissance sur les lois du pays, sur la constitution du pays, l'armée guinée fait la honte de la Guinée suite a leur manifestation barbare sans aucun fondement réel.

Ceci étant dit et relativement à la situation de notre pays, il faut reconnaitre que s'ils font preuve de banditisme comme reflètent les évènements de ces derniers jours et que par cela ils arrivent à nous débarrasser de notre dictateur paysan, nous leur diront merci d'abord; et ensuite nous les poursuivrons en justice pour tous les malheurs qu'ils ont déjà causés à notre peuple.

Echanges de tirs entre garde présidentielle et mutins, le régime Conté tend vers sa fin

1046157491.jpgLe mouvement de colère de soldats guinéens, qui réclamaient jusqu'à présent le paiement d'arriérés de soldes, s'est transformé jeudi en mutinerie, les militaires exigeant désormais le départ de tous les généraux de l'armée, pilier du régime du général Lansana Conté.
Pour la première fois depuis le début lundi du mouvement de colère des soldats, de brefs échanges de tirs ont opposé à Conakry la garde présidentielle à des soldats mutins sur une route stratégique menant notamment au palais présidentiel.
Le chef d'état-major de l'armée, le général de brigade Diarra Camara, a de son côté demandé aux soldats mutins de "rentrer dans les rangs". Mais jeudi après-midi, des tirs étaient entendus près du camp Alfa Yaya Diallo, près de l'aéroport. Ce camp, le plus grand du pays, est le fief des mutins. Les soldats mutins demandent désormais, en plus de leurs revendications, la mise à la retraite de tous les officiers généraux. Ils estiment que les généraux n'ont pas été solidaires de leur mouvement", a indiqué à l'AFP un officier de l'armée.
L'armée guinéenne, fer de lance du régime du général Lansana Conté au pouvoir depuis 1984, compte une dizaine d'"officiers généraux".
La garde présidentielle a érigé jeudi matin un barrage filtrant près d'un pont à l'entrée de la presqu'île de Kaloum, où se trouvent le palais présidentiel, l'état-major des armées et les principales ambassades, a constaté un journaliste de l'AFP. ans l'après-midi, des militaires mutins sont venus jusqu'au barrage à bord de deux camions. La garde présidentielle a tiré vers eux. Les mutins ont répliqué et ont fait demi-tour, selon des témoins. Ces premiers échanges de tirs entre les deux parties ont duré quelques minutes. endant toute la journée, les militaires de la garde présidentielle ont fouillé les véhicules, privés ou taxi, qui entrent dans la presqu'île. Ils sont positionnés sur le pont et aux alentours, a constaté le journaliste de l'AFP. Selon des témoignages, ils patrouillent également sur la presqu'île. Voilà déjà une semaine que nous vivons dans un climat de méfiance entre les fils d'une même armée. Cependant, aux premiers jours des revendications, nous les avons prises en considération et les avons soumises à l'approbation du chef de l'Etat", a indiqué le chef d'état-major à la radio nationale. Des mesures très appropriées ont été immédiatement prises" et "j'ai espoir que ces mesures doivent nous amener au calme et à la sérénité", a-t-il souligné. J'espère que cette déclaration ramènera tout le monde dans les rangs", a-t-il conclu.
Le gouvernement avait estimé mardi soir avoir rempli les principales revendications de soldats en colère qui réclamaient notamment le paiement d'arriérés de soldes, dont certains remontaient à 1996. Le ministre de la Défense, le général Mamadou Baïlo Diallo, avait également été démis mardi de ses fonctions par le chef de l'Etat. ais la déclaration du chef d'état-major n'a pas suffi à calmer les esprits, les tirs ayant continué jeudi après-midi près du camp Alfa Yaya. Selon des témoins, une fille a été blessée par balle perdue dans un quartier voisin.
Mercredi soir, le vol Paris-Conakry de la compagnie Air France, avec 113 passagers, avait été dérouté vers Dakar, en raison de problèmes de sécurité près de l'aéroport de la capitale guinéenne. epuis lundi, au moins trois personnes ont été tuées à Conakry et à Kindia (130 km de la capitale), et des dizaines blessées par des balles perdues lors de tirs en l'air de militaires, selon des sources hospitalières et des témoins.

23.05.2008

Investiture de du nouveau Premier Ministre guinéen

p4_4848.jpgAhmed Tidiane Souaré investi dans ses fonctions de Premier Ministre !       
23-05-2008 
Comme annoncé, la passation entre le PM sortant Lansana Kouyaté et celui rentrant Dr Ahmed Tidiane Souaré n’a pas pu avoir lieu entre les deux hommes faute du premier qui a brillé par son absence. Néanmoins, puisque la nature a horreur du vide, Docteur Ahmed Tidiane Souaré, lui a occupé le fauteuil qui lui revient de droit après sa nomination mardi 20 mai dernier par le chef de l’Etat, le Général Lansana Conté.
C’est dans une salle archicomble de la primature que le nouveau locataire des lieux s’est adressé à ce public composite formé de ministres, de journalistes et de cadres de tous départements confondus. La seule fausse note, à part l’absence de Lansana Kouyaté, c’est la présence de Elhadj Mamadou Sylla, l’ex-président du patronat guinéen devenu un cube maggi pour toutes les sauces autrement dit pour tous les Gouvernements.
Dans son allocution préparée à cet effet, le Premier Ministre Dr Ahmed Tidiane Souaré a rassuré les guinéens de sa volonté de s’attaquer aux problèmes prioritaires à savoir l’eau, l’électricité et les denrées de premières nécessités, et le fonctionnement démocratique. Il promet la mise en place d’une administration efficace et efficiente pour la bonne conduite des affaires du pays. Il s’engage à faire la promotion de la bonne gouvernance par le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales (liberté de la presse et d’opinion).
Il se dit inscrit dans la dynamique du changement voulu par le peuple de Guinée et soutenu par le chef de l’Etat. Il a en outre invité les partis politiques, les syndicats,  la société civile, les associations de jeunes et toutes les forces vives de la nation à l’accompagner. Prochainement, la politique générale de son gouvernement sera publiée lorsqu’il aura mis en place son gouvernement dont les membres seront tirés parmi les guinéens capables et patriotes a-t-il laissé comprendre. 
La question qui se pose maintenant est de savoir si Dr Ahmed Tidiane Souaré peut réussir où tous les autres ont échoué ? Les jours à venir nous édifierons !

Ah la politique! quand tu nous tient!

Voici un éditorial de notre confrère 1924688548.jpghttp://www.falkap.org/, l'espace virtuel entièrement consacré à l'exPM Lansana Kouyaté. En fait l'analyse est profonde, critique, pertinente et reflète de manière générale ce que tout observateur de la scène guinéenne qui ne fait pas partie du rouage de Conté, répète à longeur de journée. Pour certains il ne convient même plus d'évoquer le régime de ce général inculte et son système, car le faire ou même ne pas le faire ne changera rien. Certains préfèrent verser dans le mystique en estimant qu'une malédiction suit notre pays ou qu'il est puni par Allah lui-même du fait de la malhonnêteté des guinéens. Mais bon ...
Ce qui est curieux ici c'est que les analyses de cette sorte n'était jamais jamais sortie de Kouyaté et de ses idéologues. Quand il était aux afaires, plus d'une fois le PM s'est heurté à un manque de volonté de collaborer du général Conté. Mais rien n'a jamais été critiqué, rien n'a jamais été dénoncé. C'est à croire qu'ils étaaient parfaitement en phase, alors que tout le monde sait ce qui passait.
Il a donc fallu qu'on limoge Monsieur Kouyaté pour qu'on se rende compte de ce qui se dit dans cet Editorial. Lisez plutôt ...
"Le Général Lansana Conté, au pouvoir depuis un quart de siècle – pour être plus précis il est le plus ancien dictateur en exercice dans la sous-région - refuse de ‘’mourir’’. Donné pour mort par les uns, ou en état d’agonie par les autres, Conté vient de révéler, si besoin en était encore, qu’il garde par moment un brin de lucidité, mais seulement à usage nuisible. Cette lucidité, qu’il recouvre par intermittence, lui permet depuis 1984, notamment, d’éloigner de la Guinée ses valeureux fils, compétents et intègres. De Sidya Touré limogé sans ménagement à François Fall acculé, lui, à la ‘’fuite’’ ou encore de Dalein opprimé par le clan Fodé Bangoura et Kouyaté, Conté démontre à tous qu’il est le premier ennemi de la Guinée.
La révocation, hier, du Premier ministre de large consensus Monsieur Lansana Kouyaté, achève ainsi de convaincre que Conté, ce Chef d’Etat qui dort au bureau ; injurie publiquement collaborateurs et ministres ; ne participe plus à aucun conseil des ministres ; dit et se dédit en public …n’est pas prêt à céder à la volonté clairement exprimée par le peuple de Guinée, voilà un (01) an : quitter définitivement la scène publique et politique pour faire place à une génération de dirigeants plus compétents, plus aptes.
Le décret pris hier est un pied de nez aux syndicats et à la société civile, qui ont cru naïvement, et trop tôt, que le vieux Général avait abdiqué. C’est une erreur et voici pourquoi.
Premièrement, les Accords dits tripartites, librement signés par le Président Conté, c’est-à-dire à l’un de ses rares moments de lucidité, était continuellement violé, ce depuis décembre 2007. Le premier acte de cette bravade est sans conteste la signature, l’année dernière, du décret de restructuration de l’Administration guinéenne, ‘’rétrocédant’’ pourrait-on dire maladroitement toutes les prérogatives du Premier ministre au Secrétaire général de la Présidence de la république. Contre cet acte de défiance, personne, des syndicats à la société civile, n’avait osé broncher.
L’acte deux a consisté pour le Chef de l’Etat à violer encore la lettre et l’esprit des Accords en limogeant, dans un contexte où les termes mêmes desdits Accords le lui interdisaient, l’un des ministres les plus en vue, sinon des plus dévoués pour la cause de la nation, Justin Morel Junior, des NTI.
L’acte trois a consisté pour le camp présidentiel à se rebeller systématiquement contre toute initiatives allant dans le sens du changement et de la sérénité des Guinéens. En accélérant le processus de mise à mort du Gouvernement de consensus. Il y a d’abord cette sulfureuse affaire ‘’Chantal Cole’’. Du nom de cette mystérieuse demoiselle, prostituée de luxe nous apprend-on. Affaire transformée par les hommes de la Présidence une véritable affaire d’Etat ; au point de susciter un débat honteux à l’Assemblée nationale. Ensuite, l’annulation de l’arrêté du Premier ministre concédant à des partenaires privés la rénovation des hôtels abandonnés de Conakry. Enfin, et pêle-mêle, les enquêtes sur les tueries de 2007, le compte minier guinéen délocalisé à la BNP Paribas….
Si ces faits non pas de lien direct avec le décret d’hier, tout porte à croire que leur proximité dans le temps a contribué à créer les conditions de la friction entre la Présidence et la Primature.
En tout état de cause rien de ce qui précède ne justifie l’acte de violation de l’esprit et de la lettre du compromis guinéen, les Accords tripartites signés l’année dernière entre la Présidence, les syndicats et la société civile. Ce n’est ni plus ni moins qu’un acte de haute trahison et qui a fini par révéler à la communauté nationale et internationale le caractère à la fois rétrograde et ubuesque du Premier des citoyens guinéens. Le départ de Lansana Kouyaté ouvre la voie à toutes les incertitudes, aux angoisses de l’après Gouvernement de Consensus mais surtout à toutes les interrogations sur le destin de cette Guinée des ‘’occasions perdues’’.
Sans trop de commentaire parce qu'il commenter.
Il faut simplement retenir que la politique c'est deux choses : la recherche du pouvoir et (lorsqu'on le détient) la conservation du pouvoir. Pour ces deux choses, s'il faut mentir, escroquer, voler, insulter, s'abaisser, être hypocrite etc. les politiciens le seront. Machiavel avait téellement compris la politique. A nous de ne plus nous laisser berner par les discours démagogiques.   
 

21.05.2008

Kouyaté limogé

715375-874634.jpgLe Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté, nommé en février 2007 pour faire taire une vague de contestation contre le régime du président Lansana Conté, a été limogé mardi par décret présidentiel, a annoncé la télévision nationale.
"Ahmed Tidiane Souaré a été nommé Premier ministre chef du gouvernement en remplacement de Lansana Kouyaté", indique le décret du chef de l'Etat lu sur l'antenne de la télévision nationale mardi soir.
M. Kouyaté, 58 ans, avait été nommé sur proposition des syndicats et sous la pression de la communauté internationale au terme d'une série de grèves générales accompagnées d'une vague de contestation de plusieurs semaines contre le régime de M. Conté, alors accusé de mauvaise gestion et de corruption. La répression des manifestations populaires de janvier-février 2007 avait fait 186 morts et près de 1.200 blessés et avaient provoqué l'instauration d'un état de siège donnant les pleins pouvoirs à l'armée pendant plusieurs jours.

M. Kouyaté n'a pas souhaité s'exprimer.

De leur côté, les syndicats qui avaient orchestré la contestation en janvier-février 2007 ont annoncé qu'ils attendaient de connaître la composition de la future équipe gouvernementale pour se prononcer sur le respect ou non des accords de février 2007 par M. Conté. "Nous attendons de voir, pourvu qu'on ne nous ramène pas les anciens prédateurs", a déclaré Rabiatou Sérah Diallo, la secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG). En janvier dernier, les syndicats avaient menacé de lancer un mot d'ordre de grève après le limogeage sans explication d'un ministre proche de M. Kouyaté, geste perçu comme une entrave aux accords de 2007. Ils avaient finalement décidé de suspendre leur mouvement le temps de consulter les acteurs politiques, sociaux et religieux du pays. Selon certains observateurs, le limogeage de M. Kouyaté, un diplomate sans véritable expérience en politique, est à attribuer à l'incapacité de son gouvernement à résoudre les graves difficultés économiques et sociales auxquels la Guinée est actuellement confrontée.
Son entourage affirme en revanche que son action était entravée par le clan du chef de l'Etat, accusé de profiter de sa prérogative sur la signature des décrets gouvernementaux pour ralentir l'action de M. Kouyaté.

Son remplaçant, Ahmed Tidiane Souaré, 57 ans, un technocrate réputé proche du clan Conté, a déclaré mardi soir qu'il "souhaite mériter la confiance du chef de l'Etat et servir humblement mais loyalement la nation guinéenne". Il n'a pas souhaité faire davantage de commentaires. Connu pour sa discrétion et son sérieux dans le paysage politique guinéen, cet ingénieur géologue de formation a été ministre des Mines entre 2004 et 2006 et ministre de l'Education nationale entre 2006 et 2007.

Pour la première fois depuis l'indépendance (1958), l'ex-Premier ministre occupait la fonction de chef du gouvernement auparavant dévolue au chef de l'Etat, au pouvoir depuis 24 ans.

03.05.2008

Lansana Conté

ff6a4d84b7.jpgLe général Lansana Conté, 67 ans, est au pouvoir en Guinée depuis le coup d'Etat militaire du 3 avril 1984 et se définit comme un paysan et un soldat, venu à la politique malgré lui. Cependant ce point contraste beaucoup avec un autre selon lequel, il est venu au pouvoir parce que Dieu l'a voulu et que seul Dieu, le jour qu'il voudra l'y enlèvera. Propagande très subtile dans un pays avec une forte analphabétisation d'une population à plus de 90% musulmane. Toujours est-il que cette perception de la politique a jusque là porté ses fruits, car cet argument a pu convaincre une grande partie de la population guinéenne. Né en 1934 à Moussayah Loumbaya (région de Dubréka, non loin de Conakry), fils de paysans de l'ethnie minoritaire des Soussous, Lansana Conté a été "enfant de troupe" et a suivi ses études en Côte d'Ivoire et au Sénégal. Incorporé en 1955 et envoyé en Algérie, il quitte l'armée française avec le grade de sergent à l'indépendance de la Guinée , en 1958. Dans la nouvelle armée guinéenne, il gravit les échelons, devenant capitaine en 1971, puis commandant de la région militaire de Boké (nord-ouest), près de la frontière avec la Guinée-Bissau et le Sénégal. Il participe alors à la guerre de libération que le parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap Vert (PAIGC) mène contre les Portugais. Officier rigoureux et intègre, il est nommé en 1975 chef d'état-major adjoint de l'armée de terre guinéenne. Le 3 avril 1984, une semaine après la mort de Sékou Touré, un Comité militaire de redressement national (CMRN) prend le pouvoir et le porte à sa tête. Le colonel Conté devient chef de l'Etat, uniquement parce qu'il occupe le plus haut rang de la hiérarchie militaire. Alors que la Guinée n'a connu pendant 26 ans qu'un régime à économie centralisée, Lansana Conté, promu général en 1985, opte immédiatement pour le libéralisme économique. En juillet 1985, il surmonte une tentative de putsch et sera confronté une dizaine d'années plus tard, en février 1996, à un nouveau soulèvement d'une partie de l'armée. Ces deux coups d'Etat lui ont permis d'évincer la plupart des officiers et sous-officiers d'ethnies malinke. En 1992, cédant aux pressions de l'opinion guinéenne comme de la communauté internationale, il consent à des réformes politiques et légalise le multipartisme. Sous ce "nouveau régime", il est élu président de la République en 1993 pour un premier mandat de cinq ans, après avoir fait annuler le vote dans les régions favorables à l'un des ses opposants, Alpha Condé. Il est réélu en décembre 1998, après un scrutins contesté par l'opposition, mais qui avait pleinement "satisfait" l'ambassadeur de France de l'époque, venu féliciter le président de sa victoire, avant même que les résultats ne soient connus. Les amendements constitutionnels soumis au référendum visent à prolonger le mandat présidentiel de cinq à sept ans, à supprimer la limite d'âge pour son titulaire (jusqu'alors fixée à 70 ans) et a permettre un nombre illimité de mandats (pas plus de deux dans la constitution actuellement en vigueur). Autant dire comme l'opposition que se pointe à l'horizon une "présidence à vie".  Lansana Conté n'a cure des critiques. Il affirme avoir accepté l'organisation de ce référendum sous la pression de ses amis et de son peuple. Nul n'ignore, y compris dans les ambassades, que cette "opération-référendum" a été orchestrée par le ministère de l'Administration territoriale, qui pendant des semaines, par le biais d'associations et autres comités de soutien au président, a fait "réclamer" par le peuple ces amendements constitutionnels. D'ailleurs, ce n'est pas le Parti de l'Unité et du Progrès (PUP), le parti du président Conté, qui a mené campagne, mais principalement l'administration, aucun temps d'antenne n'ayant été alloué aux partis politiques dans l'audiovisuel public. Resté militaire et paysan dans l'âme, il se moque d'être taxé d'autoritarisme et de rigidité vis-à-vis de l'opposition. Malgré de nombreuses pressions, il n'avait libéré l'opposant, Alpha Condé, arrêté après la présidentielle de 1998, qu'en mai dernier, après deux ans et demi de prison pour un motif - atteinte à la sûreté de l'Etat- qui n'avait convaincu aucun observateur. Parallèlement, en janvier dernier, alors que le sud de la Guinée , frontalier du Liberia et de la Sierra Leone , était en proie à de violents combats, il avait supprimé le poste de ministre de la Défense , prenant lui-même les choses en main. Aujourd'hui, il se targue d'avoir bouté les "rebelles" hors de la Guinée , en oubliant que lui-même a accueilli et accueille encore sans doute, les rebelles libériens, qui tentent de renverser le régime de Charles Taylor.

Exclusif: Conté à Kouyaté à Kouyaté: « Si tu démissionnes, je t’arrête car il y a des choses à régler »

1770029180.jpgLe jeudi 10 avril dernier, contre toute attente, le Premier Ministre guinéen, Lansana Kouyaté, se décide de s’adresser à la presse. Une rencontre qui serait très intéressante, si à la dernière minute, elle n’avait pas été reportée sine die. Raison invoquée ? Silence et bouche cousue.
C’est vrai que tout s’est précipité à la Primature de Kouyaté, contiguë d’ailleurs au Petit Palais du Général Conté. Sinon que convoquer aussi rapidement la presse qu’on a cessé de lire, il y a de cela un bon bout de temps, paraît de tout de même surprenant de la part du Premier des ministres guinéens. Pardon. Le Premier Ministre de consensus, chef du gouvernement. Et puis, une conférence de presse, ça se prépare quand même. C’est que sûrement notre PM avait quelque chose de très très sérieux à annoncer à la population, à travers les médias, au lendemain de l’autre gifle qu’il a encore reçue de la part son patron , l’infatigable, sinon l’imprévisible  Général Lansana Conté, le 4 avril dernier.
En tout cas, Kouyaté qui a pu jusque-là tout supporter a trouvé que le fardeau est devenu lourd. Ceux qui l’ont bien suivi, racontent que toute la journée du lundi 7, il n’a pas mis pied au boulot. Comment peut-il comprendre qu’un décret vienne annuler son arrêté qui donne tous les grands hôtels de Conakry et du pays à ses amis Libyens ?
Alors, la solution : Démissionner, même si ce n’est pas de son habitude. Pour éviter le sort de Cellou Dalein Diallo. Les quelques journalistes qui étaient informés de la tenue d’une conférence de presse à la Primature ne se sont pas fait prier pour y débarquer. Seulement voilà. Mis au courant qu’après cette conférence de presse, Kouyaté irait tout droit lui déposer sa lettre de démission, Conté l’a prévenu en ces termes, même avec toute la franchise qu’on reconnaît au Général : «  Si tu démissionnes, je t’arrête car il y a beaucoup de choses à régler ». Lesquelles ?
En effet, beaucoup de choses sont reprochées au Premier Ministre. A part le fait que ces établissements ont été bradés, aucune disposition n’est prise pour ces nombreux guinéens qui y travaillent. Ils sont même abandonnés à eux-mêmes. Question : Kouyaté est venu donner du travail à ceux qui ont marché pour obtenir un changement ou il est venu simplement  pour  aggraver leur situation ?
Plus grave, notre PM est soupçonné d’encourager le favoritisme. Ces mauvaises langues n’hésitent pas pour cela à donner des exemples de gros marchés obtenus de gré à gré par ses amis, parents ou autres. Des marchés pour lesquels il devrait pourtant lancer des appels d’offres. D’autres exemples sont cités tels le cas de la société ASNAVIEdirigée par son épouse pour l’embellissement des ronds points de la capitale et celui de Laico-Guinée, cette société appartenant, dit-on,  à son beau frère. Plus loin, ces mêmes parlent des bons de Kouyaté à la BCRG.
Autant de choses qu’ils souhaiteraient bien que l’audit se penche sur la Primature.  Sans compter que le bureau de la Francophonie à Abidjan, son dernier poste avant qu’il ne soit bombardé Premier Ministre à Conakry, l’attend impatiemment pour justifier certaines dépenses ! Décidément, Kouyaté ne peut pas démissionner comme cela, sans être arrêté. A moins qu’il fasse comme le défunt Ministre Jean Claude Diallo, ou encore l’ancien PM Lonceny Fall qui auront profité d’une mission à l’extérieur pour prendre la tangente. Ce qui est sûr et certain c’est que la cohabitation Conté-Kouyaté vient de prendre un autre grand coup. On attend la suite. C’est plutôt la Guinée qui perd. Alors vivement le vrai changement !

Bamba Bakary Gamalo
Source: Baobab partenaire de radio-kankan

mercredi, 30. avril 2008 20:55 (CEST)