11.06.2008

Grève dans l'enseignement en Guinée

Daté d'hier, 9 juin 2008, c'est cet après-midi que l'inter centrale de l'éducation a rendu public son avis de grève qui risque de perturber les examens de fin d'année. Si les inconvénients se limitaient à cette perturbation....
Pourtant, jusqu'à ce matin, des négociations étaient annoncées entre le gouvernement et le syndicat des enseignants. Aussi, le ministre de l'Education a-t-il annoncé hier soir plus de quarante milliards trois millions pour calmer les enseignants...
N'empêche, l'inter centrale de l'éducation (FSPE-SLECG) a décidé "du déclenchement d'une grève générale et illimitée sur toute l'étendue du territoire national dans le secteur de l'éducation et de la recherche scientifique à compter du 19 juin 2008 jusqu'à la satisfaction totale" de ses "légitimes" revendications.
A noter que dans son préavis de grève, l'intersyndicale de l'éducation avait résumé ces "légitimes" revendications en ces points :
- Le respect scrupuleux du protocole d'accord du 27 janvier 2007 obtenu au prix du sang et des vies de centaines de citoyen (ne)s guinéens par la nomination d'un Premier ministre, chef de gouvernement qui n'a été ni de près ni de loin mêlé à la mauvaise gestion pendant les dix dernières années;
- Le reclassement et la prise en charge des enseignants admis aux différents examens professionnels CAP et 2ème certificat ;
- La nomination aux différents postes de responsabilité de nouveaux cadres au niveau de toutes les structures du système de l'éducation ;
- Le paiement avec rappel à la fin du mois de mai 2008 des 25 points de la valeur du point d'indice en faveur des enseignants et chercheurs de Guinée ;
- Le paiement intégral des primes et indemnités consacrées par le statut particulier du personnel de l'éducation ;
- La prise en charge salariale de tous les enseignants contractuels déjà engagés à la fonction publique ;
- Le paiement de la subvention de l'Etat à l'intersyndicale de l'éducation ;
- Le doublement du niveau des salaires des travailleurs de l'éducation nationale ainsi que le niveau des pensions de retraite, avec paiement mensuel à compter de fin mai 2008 ;
- Le relèvement immédiat de la prime de transport à 144.000 FG, soit 6.000 FG par jour pour les 24 jours de travail dans les secteurs de l'éducation et de la santé ;
Même s'il faut noter que le secrétaire général du SLECG, Louis M'bemba Soumah, avait dit à la télévision nationale, parlant au nom de l'inter centrale, le lendemain de la publication de ce préavis de grève, que le nouveau Premier ministre, Ahmed Tidjane Souaré, avait bénéficié d'un quitus du syndicat, compte tenu de ses résultats, même s'il avait fait partie de la vague qui avait été renvoyée du gouvernement en mars 2007...
Par ailleurs, si des syndicalistes estiment normal le lancement de l'avis de grève pour "faciliter" une négociation rapide avec le gouvernement, d'autres compatissent avec les parents d'élèves qui sont perturbés dans leurs programmes et qui verront tout leur calcul faussé par cette perturbation imprévue.
En tout état de cause, le Premier ministre, qui peine à proposer un gouvernement, ne peut prendre cette nouvelle épreuve comme un souhait de bienvenue à la Primature... Au contraire ! A peine arrivé, le Dr. Ahmed Tidjane Souaré semble déjà être "usé" par des revendications (à n'en plus finir ?) qui risquent de perturber le programme formel difficilement relancé avec le système de Breton Woods.