12.05.2008
L’impossible challenge de la France et de ses complices : ‘’tuer‘’ Sékou historiquement.
Tel est le titre d'un article publié dans kababachir.com en date du 10/05/2008 dans lequel, l'auteur Aboubacar Soumahoro, sociologue tente de dénoncer, selon lui, une certaine volonté de la France de faire disparaître Sékou Touré en tant qu'acteur de référence de l'histoire guinéenne et du monde. Encore une fois, nous ne voyons rien concernant l'auteur. On ne sait pas qui il est, ni ce qu'il fait, où il vit bref un certain nombre d'informations sur lui qui nous feraient voir à qui nous avons affaire et quellesorte de jugement nous pouvons avoir face à son argumentation. Mais passons cette étape puisque tous les sites guuinéens font en fait la même erreur.
En ce qui concerne l'article lui-même, pour nous inscrire dans notre logique de témoins vous et moi à travers ce blog, reprenons-le entièrement et voyons ce que nous pouvons en dire. On pourrait nous rétorquer alors, nous même qui sommes pour dire quoi que ce soit sur ce que disent les autres. Quelle qualité avons-nous pour dire sur ce que disent les autres? Eh bien nous sommes guinéens tout simplement, donc en tant que tel tout ce qui concerne notre pays peut retenir notre attention au point qu'on en dise quelque chose. Ceci étant dit tel est notre article:
"Petit rappel
En 1958, la République française consulte ses colonies, le plus officiellement du monde, sur leur avenir. Notre pays, la Guinée, choisît alors sa souveraineté totale, au cours d’un Référendum en bonne et due forme.
Mais c’était vraisemblablement une arnaque, puisque ladite République française déclenche aussitôt un cycle de sabotages économiques et financiers, et de complots incessants, en s’appuyant sur des ‘’ Guinéens ‘’ immatures, même s’ils pouvaient revendiquer des titres et des diplômes à l’époque.
Au sujet de ces sabotages et complots, des Français de France, des ‘’originaux ’’ authentiques, officiels et officieux, depuis trente ans bientôt ont publié moult livres et articles, dans lesquels ils reconnaissent avec force détails, et avec un cynisme cavalier, tout ce qu’ils ont fait, et avec qui ils l’ont fait, pour plonger la Guinée et son peuple dans la tourmente de façon durable.
Des gens comme Roger Faligot et Daniel Krop, Pierre Messmer, François Mitterrand, Jacques Foccart, Pierre Péan, Maurice Robert, et j’en passe, ont tous témoigné de la terrible et infernale situation de guerre, de nature ’’ terroriste-d’Etat’’, où ils ont totalement et entièrement plongé la Guinée de 1958 à 1984. Et puis, d’excès en excès, monstrueusement, on avait tout de même vu cette ignoble persécution culminer à l’occasion de l’Agression impérialo-portugaise du 22 Novembre 1970 !
Bien plus tard, après la mort et les funérailles grandioses, et encore inégalées, du Président Ahmed Sékou Touré, on avait bien vu la France et sa horde satanique venir ici, chez nous, faire kidnapper tous les parents et fidèles compagnons de notre défunt président et de notre peuple, sélectionnés par centaines au sein de son ethnie, à de rares exceptions près, même si ces exceptions ont concerné des monuments de notre histoire (El hadj Lansana Béavogui, N’famara Keïta …), et tous occis à Kindia très rapidement, dans une ambiance d’hilarité démoniaque et facétieuse.
Sans procès aucun, à part celui imaginaire que Bassirou Barry, alors ministre d’une justice on ne peut plus félonne, avait proclamé dans un mensonge indigne même d’un esclave !
Aujourd’hui encore, revoilà la Françafrique voyou, par RFI interposée, qui va tenter d’occulter toute cette criminalité hideuse, et toute la délinquance ‘’droguée’’ et effrontée qu’elle avait instituée contre notre peuple, et dont les effets ont durablement installé celui-ci dans une misère imméritée, où il se débat encore de nos jours. Une misère dont le côté humain est le plus dégoûtant, le plus dramatique.
D’authentiques traîtres guinéens et des comploteurs de toutes origines, n’ayant jamais eu d’autre vocation que la conspiration d’égout, ont été arrêtés en Guinée en flagrant délit, ont été jugés et condamnés par les instances les plus représentatives de notre peuple, érigées en tribunaux populaires légaux et légitimes. Et voilà que maintenant au terme d’un banditisme criard, prôné par des lobbies constitués et sustendus par la Françafrique, on veut faire de la prestidigitation en occultant l’autorité de la chose jugée, et en érigeant sur des stèles de la honte, ces traîtres et comploteurs, présentés en ‘’victimes’’. Il en est même qu’on tente d’ennoblir, par exemple : Naby Youla, nommément désigné par Maurice Robert dans son livre « Le Ministre de l’Afrique » comme un ‘’Honorable correspondant’’. C’est en effet lui que, par suite d’une logique supra-humaine, notre gouvernement vient de ‘’nommer’’ comme ‘’président’’ d’une explosive et combien dangereuse ‘’commission de dialogue et de réconciliation’’, dont la vocation explicite est la substitution du mensonge et de la haine d’éléments pourris de la Guinée, à la vérité de notre histoire comme si cela était possible !!!
Dès lors, avant tout débat national, aussi pipé qu’on puisse le pressentir, RFI a déjà tranché…
Elle prône déjà les épithètes et les quolibets d’un journalisme de caniveau, nauséabond et incitateur à des confrontations sanglantes. Elle a déjà décidé que les ’’Guinéens’’ allaient ‘’s’exprimer sur les exactions du régime de Sékou Touré’’. Sans politesse et sans égard aucun pour la misère de notre peuple, victime réel et unique de la France, RFI a déjà désigné des ‘’bourreaux’’ à la dimension de ses jeux macabres dont la Guinée a déjà tant souffert. Elle oublie que le peuple de Guinée s’était déjà fait une idée desdits ‘’bourreaux’’ lorsque, dans les années 1985 à 1993, des forces occultes d’extraction françafricaine étaient venues programmer ici, comme au Rwanda à la même époque, un génocide bien précis. Lorsqu’alors des gens mal contenus avaient dit vouloir ’’finir’’ une certaine ethnie en Guinée, pour aller plus tard ‘’en cas de besoin’’, aller chercher la semence dans un de nos pays voisins !
La françafrique en Guinée, maintenant, avec les ‘’ayants droit’’ d’apatrides guinéens manipulés d’antan’’, de ‘’traîtres professionnalisés qui étaient nés ici’’, et de ‘’comploteurs impénitents’’, victimes uniquement de leur propre bêtise, la françafrique dis-je, dans les derniers soubresauts, surréalistes et atterrants, de son agonie irréversible, veut encore insulter notre peuple qu’elle méprise. Qu’elle a toujours méprisé. Elle veut faire juger les héros de notre indépendance et ses défenseurs par des comparses qu’elle avait utilisés pour saper notre essor.
Si les Naby Youla et autres Portos, nos traîtres à nous, ces ‘’Français politiques anti-guinéens’’, sont réellement des conciliateurs valables, pourquoi ne s’agiteraient-ils pas en France, avec les descendants des Pétainistes et des autres collaborateurs pro-nazis, pour donner la parole à ceux-ci contre les De Gaule et les Jean Moulin de la Résistance ?
Alors, il faut que la françafrique et ses comploteurs, traîtres et consorts sachent bien, et une fois encore pour toutes, que notre pays les méprise le plus profondément que possible. Et comme en Septembre 1958 et en Novembre 1970 notamment, (c'est-à-dire : ‘’entres autres’’, car des dates de ce genre en matière d’écrasement de punaises et de taupes, la Guinée a en eu trop !), ils trouveront toujours notre peuple sur leur chemin.
A bon entendeur salut !"
Voilà qui dit et bien dit. Ce que nous pouvons retenir c'est que, ce que notre noble sociologue appelle "françafrique" est entrain de se déployer dangereusement, à travers notamment des organes de presse ou tout autre moyen, de se déployer en Guinée et falsifier l'histoire de notre pays sur toute la ligne, surtout celle concernant la période sékou touré. Que contre cette situation il s'insurge avec la plus grande vigueur dont ce texte est l'illustration même sinon l'une des illustrations. Cela c'est sur la forme. Sur le fond, ça devient plus intéressant. Aujourd'hui il est presque de notoriété publique que le régime de sékou touré a fait plus de mal à notre pays qu'il n'a fait de bien. Cette thèse est défendue bec et ongle par une grande partie de la population guinéenne. Il n'est pas anécessaire de revenir sur tous les arguments qu'avancent les tenants de cette thèse, nous les connaissons tous et il se trouve que de nos jours il existe des personnes qui témoignent quotidiennement de ce que, eux, leurs parents, leurs amis etc sont tombés sur les balles ou autres exactions du régime sékou. Mais nous savons également qu'à côté de cela, il existe des guinéens qui sont profondément convaincus qu'en fait sékou touré n'a rien fait ou même s'il a fait, on l'a manipulé et poussé à le faire. Que tous les complots dont il parlait à l'époque ont belle et bien existé et que la condamnation et l'exécution de tous les détenus du camp Boiro et autre sites de détentions de l'époque sékou se justifiaient. Car ceux qui y ont laissé leur peau étaient des "traitres" à la solde des puissance impérialistes donc énnemis de la jeune révolution guinéenne. Le mot "traite" et autres semblables reviennent beaucoup dans l'analyse de notre sociologue. Pour tout dire notre intellectuel planche pour cette seconde manière de voir l'histoire de notre pays, précisément celle qui couvre la période du régime de sékou touré.
Encore une fois c'est très intéressant de défendre ce point de vue, comme il est intéressant de défendre le point diamètralement opposé. Le tout est de savoir dans quelle position se trouve la vérité. En réalité l'histoire ne s'invente pas. Ce qui incombe aux guinéens de nos jours, c'est de faire mener des enquêtes impartiales sur tous les crimes ou supposés en guinée conakry, au besoin des enquêtes dilligentées par des instances internationales, pour établir une fois pour toute pourquoi certaines personnes ont été tuées, qui les a tuées, dans quelles conditions elles ont été tuées, où ont-elles été enterrées etc etc ? Oui parce que nous autres les jeunes d'aujourd'hui, à travers certains véhicules d'informations, on nous parle de cabine technique, de diète noire ou atrocités de ce genre qui ont existé pendant le régime sékou. Mais diantre! il faut qu'on sache ce qui s'est réellement passé! qui a fait quoi, au nom de quoi etc etc? Les rescapés du camp Boiro qu'ils soient guinéens ou étrangers, les fils des détenus non exécutés et exécutés au camp Boiro et autres camp de détention auraient-ils tous menti? Si tel est le cas qu'il ont menti, y a t-il eu oui ou non des exécutions d'opposants politiques à cette époque? Si oui qu'est ce qui justifiait ces exécutions, peut-être comme le dit notre sociologue, il ne s'agissait que de traitres, de comploteurs au services des puissances réactionnaires, mais cela justifiait-il pour autant toutes les atrocités dont on parle en évoquant le camp Boiro et autres ?
Je compte sur vous pour prolonger le débat, chers internautes.
15:16 Publié dans Réaction | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ethnie, françafrique, sékou touré, guinée, peuple de guinée, portos, 1958


