30.06.2008

Commission électronale nationale indépendante (CENI) : mobilisation des partenaires pour la tenue des prochaines législatives!!!

articles de presse.JPGEn prélude au démarrage prochain des opérations de révision des listes électorales sur l’ensemble du territoire national, le ministère de l’Administration du territoire et des affaires politiques, la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et ses Partenaires financiers (UE, PNUD....) ont procédé jeudi à la clôture du programme de la session de formation des agents techniques devant assurer les opérations d’enregistrement des électeurs. Cette session qui a débuté en avril dernier a permis de former plus de 2100 agents dont 2000 opérateurs de saisie, 50 agents de maintenance et 50 superviseurs. Il faut rappeler que cette session de formation assurée par une quinzaine de formateurs de la SAGEM avait pour principal objectif de former des opérateurs de saisie en vue de leur faire acquérir des compétences nécessaires à la manipulation des équipements d’enregistrement biométrique. Ce programme de formation qui comprenait des cours théoriques, techniques et pratiques portait essentiellement sur la présentation des kits d’enregistrements et les composantes de la valise, du logiciel de saisie des données d’état civil et des éléments biométriques sur la photographie et les empruntes digitales numérisées. A cela, il faut ajouter la maintenance, l’organisation du travail des opérateurs, le planning, le contrôle de qualité, l’analyse des problèmes et actions correctives le tout ponctué par des exercices pratiques. Ces agents techniques ainsi formés seront repartis dans les 978 Commissions Administratives de Révision des Listes Électorales (CARLE) afin d’appuyer le processus technique d’enregistrement des électeurs.Le président de la CENI a mis un accent particulier sur la formation des opérateurs techniques à l’enregistrement car dit-il, la fiabilité du fichier dépendra de leur compétence technique et professionnelle. C’est pourquoi Ben Sékou Sylla a invité les opérateurs au sens élevé de la responsabilité puisque, poursuit-il, sans un fichier propre et fiable il ne peut y avoir des élections libres et transparentes… « Les premiers acteurs de ce processus c’est vous » dira t-il en substance. Madame Perrogrossi représentante de l’Union Européenne en Guinée quant à elle, se dit rassurée car, dit-elle, avec les perturbations que le pays a connu ces derniers temps beaucoup se posaient des questions sur la tenue de ces élections. Elle dira que cette cérémonie de clôture de la formation des agents de recensement témoigne de la volonté du gouvernement de poursuivre le processus mais attend tout de même la confirmation des nouvelles autorités quant au respect du calendrier électoral. Madame Perrogrossi a en outre insisté sur le respect par le gouvernement de la volonté de la population à aller aux élections. Adama Koulibaly directeur pays au PNUD renchérit en disant qu’avec l’assemblage, l’initialisation des kits et la formation des agents techniques du recensement, le processus électoral est résolument engagé. Les représentants de partis politiques ont également mis cette occasion à profit pour exprimer leur inquiétude quant à la lenteur et le manque de volonté politique du gouvernement pour la tenue des législatives. Chose qui, il faut le dire ne surprend plus le guinéen. Car la situation en est arrivée en Guinée où une grande partie de la population de la population est un peu plus "vaccinée" de la chose politique. Ce qui fait que le système qui est en place - même le gouvernement qui vient d'être formé - éprouve des rétiscences pour aller à des élections justes et transparantes, car n'ayant aucun antécédant politique, économique, social qui milite en sa faveur. Lasuite nouys édifiera certainement plus.

20.06.2008

Guinée: Formation du Gouvernement Souaré

610x.jpgDecrét présidentiel : La liste complète des membres du gouvernement
Ministre chargé de la Réconciliation Nationale, de la Solidarité et des
Relations avec les Institutions : Amadou Oury Bah

La RTG vient d'annoncer la composition du nouveau gouvernement dirigé par Ahmed Tidiane Souaré nommé Premier ministre le 20 mai dernier en remplacement de Lansana Kouyaté.

La composition de l'équipe gouvernementale :

1 Ministre des Affaires Étrangères : Amadou Lamara Bah
2 Ministre de la Défense Nationale : Almamy Kabélé Camara
3 Ministre de l'Administration du Territoire et des Affaires Politiques : Sékou Bangoura
4 Ministre du Plan et de la Coopération : Djigui Camara
5 Ministre du Développement Durable et de l'Environnement : Papa Koly Kourouma
6 Ministre de la Décentralisation et du Développement Local : Ibrahima Diakité
7 Ministre de la Sécurité et de la'Protection Civile : Mohamed Damba
8 Ministre de la Justice et Garde des Sceaux : Bachir Touré
9 Ministre de l'Économie et des Finances : Dr. Ousmane Doré
10 Ministre du Contrôle d'État et de la Bonne Gouvernance : Souleymane Cissé
11 Ministre chargé des Guinéens de l'Extérieur et de l'Intégration Africaine : Harouna Bérété
12 Ministre chargé de la Réconciliation Nationale, de la Solidarité et des
Relations avec les Institutions : Amadou Oury Bah
13 Ministre de la Reforme Administrative et de la Fonction Publique : Mme Makalé Traoré
14 Ministre de la Promotion de l'emploi jeune : Amadou Diallo
15 Ministre des Mines et Géologie : Ahmed Kanté
16 Ministre de l'Énergie et de l'Hydraulique : Ansoumane Condé
17 Ministre de l'Agriculture : Dr. Mahmoud Camara
18 Ministre de l'Élevage et de la Protection Animale : Elhadj Diao Kanté
19 Ministre de la Pêche et de l'Aquaculture : Youssouf Sylla
20 Ministre du Commerce et de la Compétitivité : Yacine Barry
21 Ministre du Développement Industriel des PME et de l'Artisanat : Youssouf Diallo
22 Ministre des Transports : Cheick Traoré
23 Ministre des Travaux Publics : Amadou Porédaka Diallo
24 Ministre de l'Urbanisme et de l'Habitat : Saïdouba Camara
25 Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique : Gnanga Komata Gomou
26 Ministre de l'Enseignement Pré Universitaire et de l'Éducation Civique : Ousmane Souaré
27 Ministre de l'Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle : Sanoussy Kaba
28 Ministre de la Santé et de l'Hygiène Publique : Mariam Béavogui
29 Ministre des Affaires Sociales de la Promotion Féminine et de l'Enfance : Germaine Mangué
30 Ministre de la Jeunesse et des Sports : Issa Condé
31 Ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de
l'information : Tibou Kamara
32 Ministre du Tourisme : Mme Bah Maïmouna Diallo
33 Ministre de la Culture des Arts et Loisirs : Aly Gelbert Ifono
34 Ministre Secrétariat Général de la Présidence de la République : Sam Mamady Soumah
35 Secrétariat Général du Gouvernement : Amadou Oury Diallo (confirmé)
36 Secrétariat Général des Affaires Religieuses : Nabanyou Chérif (confirmé)

17.06.2008

Guinée: Un nouvel otage pris par les policiers mutins

a825000968.jpgL'ancien Inspecteur général de la police Guinéenne, Elhadj Madifing Diané à été à son tour pris en otage, ce lundi soir aux environs de 18 heures TU à la base de la CMIS( Compagnie Mobile d'Intervention Spéciale), sise au quartier Camayenne, commune de Dixinn par les policiers qui sont en mutinerie depuis ce lundi 16 juin 2008. Cet officier qui est actuellement l'un des plus proches Conseillers du ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, le Dr. Mamadou beau Kéïta et qui jouirait, selon certains témoignages, d'une certaine estime des policiers, venait pour tenter de jouer au médiateur dans cette crise qui est en train de secouer la police nationale. Cette aventure qu'il aurait sans doute voulue une réussite spectaculaire, a tout simplement tourné en véritable cauchemar ou mésaventure pour ce grand flic qui n'aura finalement pas pu décrocher entre les mains des policiers en colère son 'visa de retour'. Il vient ainsi rallonger la liste de hauts cadres policiers ,Sekou Mohamed Bangoura DG de la police Nationale( sur la photo), le Directeur de l'OCAD... qui se sont vus pris impuissants au piège des policiers insurgés lors de leur rassemblement tenu ce lundi matin au siège de la CMIS, le QG des policiers en rébellion. Faut-il cependant préciser qu'après l'arrestation de ces officiers et la casse de l'armurerie de la CMIS, ce lundi matin, les policiers auraient reçu, d'après nos informations, la visite du général de division Diarra Camara, Chef d'état major général de l'armée. Il s'y était déplacé en plus de ceux qui étaient dans sa voiture de commandement avec un pick-up de gardes du corps, des bérets rouges lourdement armés. Il y a été dépêché pour s'enquérir de la réalité et écouter les revendications posées par les hommes en tenue noire. Ceux-ci lui auront transmis leur plate-forme revendicative pour qui de droit. Mais avant de quitter la CMIS et en dépit de son impressionnante ceinture de gardes rapprochés, l'émissaire, le général Diarra Camara aurait reçu sa 'bonne dose' d'avertissements. Lorsque les policiers lui ont lancé une bombe lacrymogène l'obligeant à évacuer en catastrophe les lieux. En outre, il est à préciser que durant toute la nuit passée, les armes continuaient à crépiter de plus belle à la CMIS et au niveau de la direction nationale de la police qui se trouve non loin à Coléah, commune de Matam.

Emeutes de policiers à Conakry

Après les militaires, c'est le tour des forces paramilitaires.image.php?show=news_images&type=image&iid=1288 Lundi 16 juin, les agents de services de polices guinéennes ( routière, sécurité, protection civile...) ont déclenché spontanément un mouvement de grève à Conakry, la capitale guinéenne. Ils réclameraient, entre autres, le rappel des policiers recrutés en 2006, l'intégration immédiate des dernières recrues, des avancements en grade, le ravitaillement en riz, la libération de certains de leurs camarades détenus à la Maison Centrale de Coronthie. Pour manifester leur colère, ils ont procédé à des tirs à l'arme automatique, barricadé plusieurs routes et pris en otage certains hauts cadres de la police. En un mot, les policiers imitent les militaires qui se sont faits entendre par ce genre d’actions. Le mouvement de grève de ce lundi a démarré aux environs de 8 heures. Les automobilistes et autres usagers de la route ont été surpris de ne voir aucun policier au niveau de différents carrefours de Conakry. Ce qui a créé un embouteillage monstre, notamment à Bambeto, un quartier chaud de la haute banlieue de Conakry. Le trafic a été également très dense du côté du Pont des Pendus du 8 novembre. Surtout du fait des tirs nourris en provenance de la base de la Compagnie Mobile d'Intervention et de Sécurité (CMIS) de la Camayenne. Des agents de la CMIS n'ont pas hésité à barricader la route, réquisitionnant des véhicules et brisant les vitres de certains taxis. M. Sékou Mohamed Bangoura, directeur national de la police, qui était venu aux nouvelles, M. Mara Thermite, directeur de l'Office Central Anti-Drogue ( OCAD), Alpha Oumara Baldé, directeur général adjoint de la CMIS et Mamadi Mansaré, directeur général de la Sûreté Urbaine de Conakry auraient même été pris en otage et séquestrés. Le Général Diarra Camara, chef d'état-major général de l'Armée qui était allé négocier avec les policiers aurait également été conspué. On lui aurait gentiment demandé d'aller voir ailleurs, puisque ce n'est pas une affaire militaire. Le mouvement des policiers fait suite à la revendication des soldats du Camp Alpha Yaya qui, suite à leur mouvement de grève du 23 au 30 mai dernier avaient obtenu satisfaction. Ces crises récurrentes en Guinée dénotent d'un climat de fin de règne du Président Conté. Chaque jour qui passe prouve que la Guinée n'est pas gouvernée. Plus rien ne pourrait restaurer le respect du supérieur et de la chose publique avec ce régime qui a déjà cédé aux chantages des bandits après que ces derniers aient eu à massacrer des populations civiles innocentes ! Y aurait-il un ATT pour sauver la Guinée ? Que les militaires patriotes de toutes tendances confondues se donnent les mains pour sauver enfin notre pays !

15.06.2008

Scène politique guinéene: naissance du PNG

Agréé depuis le 22 mai dernier, le PNG à tenu, ce week-end, sa toute première Assemblée générale ordinaire dans l'amphithéâtre de l'INRAP ici à Conakry en présence de militants et sympathisants qui avaient massivement fait le déplacement. Au menu de ce meeting, 4 points étaient à l'ordre du jour des organisateurs. A savoir la présentation à l'auditoire de l'arrêté d'agrément du parti ; la présentation de la stratégie d'implantation du PNG à la base, dans les cinq communes de la capitale et les trente trois préfectures du pays profond ; la présentation de la stratégie financière et la situation de la trésorerie du parti et enfin les divers. Pour Me. Fodé Mamadou Keïra, le PNG qui se veut être le parti de l'école guinéenne est piloté par un directoire national de 76 membres et 22 suppléants dont il est le président. « Le Parti National de Guinée est un creuset de la nation guinéenne où la valeur cardinale reste l'humanisme. Parce que notre parti est né des considérations subjectives et tendancieuses de l'ethnocentrisme, du régionalisme, du racisme et en réaction contre elles... » a-t-il souligné. S'adressant aux autres formations existantes, le président du directoire national du PNG semble très décomplexé et déjà il prévient ses adversaires : « il faut aussi préciser, c'est extrêmement important cela. Parce que les détracteurs vont commencer à nous attaquer. Eh bien qu'ils sachent que nous, nous sommes venus fin prêts après 17 ans de réflexion politique. Parce que nous étions dans ces partis politiques. On a vécu leur passé politique. Donc 17 ans écoulés, nous avons tiré les leçons et nous sommes prêts à défendre notre message politique, nos intérêts politiques. Le PNG n'est pas venu pour faire de la figuration politique... » Pour marquer leur différence par rapport aux autres partis politiques, Me Fodé Mamadou Keïra affirme : « nous avons des professeurs et docteurs à foison dans notre directoire. Les ressources humaines ne nous manquent pas. Parce que c'est la quintessence de l'école guinéenne qui a réfléchi à cette situation politique de notre pays. Nous la voulons dans la paix, dans l'unité. Nous avons été tant éprouvés. Il ne faut pas que ça dépasse cette limite. Nous sommes venus pour arrêter tout ça et nous ne sommes pas un parti politique qui veut se lancer dans la rue... ». Il faut retenir que ce benjamin de la cinquantaine de partis politiques officiellement légalisés à ce jour en Guinée compte choisir son président du parti bien avant les échéances présidentielles prévues en fin 2010 et il entend prendre part aux députations de cette fin d'année 2008, a précisé son président du directoire national.

11.06.2008

Grève dans l'enseignement en Guinée

Daté d'hier, 9 juin 2008, c'est cet après-midi que l'inter centrale de l'éducation a rendu public son avis de grève qui risque de perturber les examens de fin d'année. Si les inconvénients se limitaient à cette perturbation....
Pourtant, jusqu'à ce matin, des négociations étaient annoncées entre le gouvernement et le syndicat des enseignants. Aussi, le ministre de l'Education a-t-il annoncé hier soir plus de quarante milliards trois millions pour calmer les enseignants...
N'empêche, l'inter centrale de l'éducation (FSPE-SLECG) a décidé "du déclenchement d'une grève générale et illimitée sur toute l'étendue du territoire national dans le secteur de l'éducation et de la recherche scientifique à compter du 19 juin 2008 jusqu'à la satisfaction totale" de ses "légitimes" revendications.
A noter que dans son préavis de grève, l'intersyndicale de l'éducation avait résumé ces "légitimes" revendications en ces points :
- Le respect scrupuleux du protocole d'accord du 27 janvier 2007 obtenu au prix du sang et des vies de centaines de citoyen (ne)s guinéens par la nomination d'un Premier ministre, chef de gouvernement qui n'a été ni de près ni de loin mêlé à la mauvaise gestion pendant les dix dernières années;
- Le reclassement et la prise en charge des enseignants admis aux différents examens professionnels CAP et 2ème certificat ;
- La nomination aux différents postes de responsabilité de nouveaux cadres au niveau de toutes les structures du système de l'éducation ;
- Le paiement avec rappel à la fin du mois de mai 2008 des 25 points de la valeur du point d'indice en faveur des enseignants et chercheurs de Guinée ;
- Le paiement intégral des primes et indemnités consacrées par le statut particulier du personnel de l'éducation ;
- La prise en charge salariale de tous les enseignants contractuels déjà engagés à la fonction publique ;
- Le paiement de la subvention de l'Etat à l'intersyndicale de l'éducation ;
- Le doublement du niveau des salaires des travailleurs de l'éducation nationale ainsi que le niveau des pensions de retraite, avec paiement mensuel à compter de fin mai 2008 ;
- Le relèvement immédiat de la prime de transport à 144.000 FG, soit 6.000 FG par jour pour les 24 jours de travail dans les secteurs de l'éducation et de la santé ;
Même s'il faut noter que le secrétaire général du SLECG, Louis M'bemba Soumah, avait dit à la télévision nationale, parlant au nom de l'inter centrale, le lendemain de la publication de ce préavis de grève, que le nouveau Premier ministre, Ahmed Tidjane Souaré, avait bénéficié d'un quitus du syndicat, compte tenu de ses résultats, même s'il avait fait partie de la vague qui avait été renvoyée du gouvernement en mars 2007...
Par ailleurs, si des syndicalistes estiment normal le lancement de l'avis de grève pour "faciliter" une négociation rapide avec le gouvernement, d'autres compatissent avec les parents d'élèves qui sont perturbés dans leurs programmes et qui verront tout leur calcul faussé par cette perturbation imprévue.
En tout état de cause, le Premier ministre, qui peine à proposer un gouvernement, ne peut prendre cette nouvelle épreuve comme un souhait de bienvenue à la Primature... Au contraire ! A peine arrivé, le Dr. Ahmed Tidjane Souaré semble déjà être "usé" par des revendications (à n'en plus finir ?) qui risquent de perturber le programme formel difficilement relancé avec le système de Breton Woods.

04.06.2008

Un peu d'histoire: intervew de André Lewin

INTERVIEW ACCORDEE PAR M. ANDRE LEWIN, ANCIEN AMBASSADEUR DE FRANCE EN GUINEE ET PRESIDENT-FONDATEUR DE L’ASSOCIATION D’AMITIE FRANCE-GUINEE

1°) Comment vous est-il venu l’idée de créer une association d’amitié entre la France et la Guinée ?

         Comme vous le savez, j’ai été ambassadeur de France à Conakry de 1975 à 1979, ce qui m’a permis de connaître, d’apprécier et d’aimer la Guinée. C’est au début de 1980 que j’ai créé ladite association, compte tenu de mon profond attachement à la Guinée. En 1984, l’association comptait 400 adhérents. Je précise, pour la petite histoire, que le Président F.Mitterrand en était sympathisant, mais pas adhérent parce qu’il n’a jamais payé de cotisation. Ma dernière visite en Guinée remonte à 2006 à l’occasion d’un congrès médico-pharmaceutique. Je compte m’y rendre de nouveau en avril 2008. Je n’ai pas de pied-à-terre en Guinée, bien que Sékou Touré eut proposé de me donner une case. Je précise que je suis depuis 2003 citoyen d’honneur de la Ville de Conakry.

2°) Ambassadeur à Conakry, vous êtes surtout perçu comme un ami personnel de Sékou Touré pendant les années de plomb (arrestations arbitraires, tortures, assassinats, etc…). Aviez-vous posé à votre ami personnel, ne serait-ce qu’une seule fois, la question de savoir pourquoi il martyrisait autant son peuple qui semblait pourtant l’adorer ?

         Lors de mon séjour diplomatique en Guinée, j’avais parmi mes objectifs la libéralisation du régime de ce pays. Mes relations avec Sékou Touré m’ont permis d’aider à la libération de ses prisons de ceux qui y étaient incarcérés. Cependant, il ne s’agissait que d’Européens, de Libanais ou d’autres étrangers mais hélas pas d’Africains, ce qui me donne quelque part un sentiment d’échec. Je n’ai jamais hésité à lui en parler, y compris dans des allocutions publiques en sa présence. Et d’une certaine manière, après le « complot peuhl » de 1976, au tout début de mon séjour, il n’y a plus eu d’arrestations massives comme dans les années précédentes. Le fait que la relation avec la France était désormais confiante et non plus antagoniste a, bien entendu, contribué à une certaine libéralisation ; comme l’a fait en 1978 la réconciliation de Monrovia avec Senghor et Houphouët. Mais je reconnais que cela n’allait certainement pas assez loin ni assez vite. Je rappelle, par ailleurs, que Sékou Touré n’avait jamais hésité à faire exécuter certains de ses amis, et je lui ai d’ailleurs dit un jour ( et il ne l’a pas contesté ) qu’il avait fait tuer des gens qui étaient certainement plus fidèles que certains autres qui restaient à ses côtés ! Quant à l’adjectif « personnel »qui qualifie mon amitié avec Sékou Touré, c’est lui-même qui l’a utilisé mais j’en étais flatté.

3°) Ai-je bien entendu ce que vous dites, à savoir que vous étiez flatté par le caractère « personnel » de votre amitié avec Sékou Touré ?

         Oui ! D’autant que cette relation confiante était l’une des conditions de la réussite de ma mission, qui avait trait aux liens entre la Guinée et la France, qui étaient restés exécrables de 1958 à 1975. J’ai travaillé avec Sékou Touré dans une atmosphère de sympathie, de compréhension et de confiance ! Je prépare, d’ailleurs, depuis 25 ans une biographie de Sékou Touré, dont la publication est prévue pour fin 2008.

4°) Le rôle d’un ambassadeur, me semble-t-il, est moins de tisser des liens personnels d’amitié avec le chef de l’Etat auprès duquel il est accrédité ( même si ça facilite les choses ) que de développer des relations harmonieuses de coopération entre cet Etat et le sien. Devenu pourtant l’ami personnel de Sékou Touré, n’avez-vous pas été horrifié par certains actes grotesques et criminels de ce dernier comme, par exemple, le sort réservé au garçon de 13 ou 14 ans du nom de Lamarana Diallo qui aurait été chargé par Telli Diallo de liquider le « responsable suprême de la révolution » ?

         Oui, j’ai été horrifié, comme la plupart de mes collègues ambassadeurs à Conakry ( il y avait les Américains, les Allemands, les Suisses, les Italiens ) ! Les charges retenues contre ce gamin relevaient de la paranoïa. Je tiens à souligner que Telli aurait pu se réfugier à l’ambassade de France pour éviter le sort que lui a réservé Sékou Touré ; j’aurais tout fait pour le préserver. J’ajoute que dans cette histoire, Ismaël Touré a joué un rôle trouble. Il n’aimait pas Saïfoulaye Diallo, encore moins Telli Diallo. Pour des raisons de jalousie qui remontent loin dans le temps ! Ismaël Touré a toujours été soutenu par Sékou Touré bien qu’il ait été puni pendant quelques semaines en étant confiné à Faranah dans la concession familiale. Avec Ismaël Touré, je qualifierais les relations que j’avais eues avec lui de convenables. Quant au ministre Moussa Diakité, il m’a un jour demandé de me contenter de mon rôle d’ambassadeur et de ne pas chercher à jouer au libérateur de tous les détenus.

5°) Je reviens sur le cas du petit Lamarana Diallo qui constitue tout un symbole. C’est votre droit de clamer haut et fort votre fierté d’avoir été l’ami personnel de Sékou Touré. Cependant, vous reconnaissez vous-même avoir été accueilli, enfant, par un pays généreux et humaniste, la France qui vous a sauvé la vie à vous et à vos parents et qui vous a donné la possibilité et l’honneur de la représenter dans des instances internationales. Vous était-il impossible d’imaginer que le petit Lamarana Diallo allait subir le cruel destin auquel vous avez heureusement échappé en Allemagne nazie ?

         Comme vous le savez, M. Diallo, sous Sékou Touré, il y a eu des dizaines de personnes arrêtées, détenues, torturées, exécutées, non seulement des cadres et des hommes adultes, mais aussi des enfants, des femmes, des vieillards, etc…Il y a eu des pendus ! Moi, je ne cherche pas des excuses mais des explications à ces pratiques évidemment condamnables. La politique que la France a menée après 1958 et jusqu’à la réconciliation de 1975 en a été pour une bonne partie responsable, et je n’ai jamais cherché à l’occulter. Mais il y a eu d’autres facteurs, en dehors aussi d’une certaine propension de Sékou Touré lui-même et de son régime au totalitarisme et à la violence: l’hostilité de certains pays voisins ( le Sénégal de Senghor, la Côte d’Ivoire d’Houphouët ), la virulence des opposants et en particulier de ceux qui avaient dû s’exiler, les réactions de ceux qui souffraient de la politique menée au nom de l’idéologie révolutionnaire ( notamment les commerçants, les agriculteurs, les éleveurs, beaucoup de cadres, chez les Peuhls, mais pas seulement chez eux ).

6°) Pour vous, Sékou Touré serait-il moins coupable que la France ?

         N’exagérons rien. Mais la politique de la France de cette époque a contribué à pousser Sékou Touré à faire ce qu’il a fait. Et les conséquences en sont encore perceptibles aujourd’hui.

7°) Parlons d’une accusation portée contre vous par certains Guinéens, alors étudiants dans des universités françaises pendant que vous étiez en poste à Conakry. Ils soutiennent que vous seriez à l’origine de la traque lancée contre eux par M. Poniatowski, ministre de l’intérieur, au motif qu’ils étaient hostiles aux méthodes de votre ami Sékou Touré. Qu’en est-il ?

         C’est la première fois que j’entends cette accusation ! Je n’y suis pour rien ! La seule chose que je sache, et ce n’est pas moi qui l’ai demandé, c’est que certaines publications d’opposants ont été interdites en France. En revanche, je reconnais avoir été pour quelque chose dans l’interdiction du livre « Prison d’Afrique » de Jean-Paul Alata. Je rappelle que ce dernier avait été déchu de la nationalité française par le Conseil d’Etat, en raison de son attitude viscéralement anti-française. Sékou Touré lui-même m’a dit un jour, mais je pense qu’il exagérait, que toutes les mesures anti-françaises qu’il avait prises au début de son régime l’avaient été sur le conseil d’Alata. J’en connais quelques autres qui ont dû pousser dans ce sens. Alata espérait par ce livre fléchir Sékou Touré et l’inciter à laisser son épouse et son fils guinéens à venir le rejoindre. J’étais persuadé du contraire et pensais que la publication allait raidir Sékou Touré et compliquer ma mission. Poniatowski l’ayant interdit en France, le livre s’était bien vendu ailleurs, comme à Genève ou en Belgique. L’interdiction a d’ailleurs été cassée par le tribunal administratif quelques années plus tard, mais à ce moment là, cela n’avait plus d’importance. Jean-Paul Alata s’est par la suite installé en Côte d’Ivoire, et y est mort, selon certains témoignages empoisonné justement par sa femme, sur ordre de Sékou Touré.

8°) Parlons maintenant d’un sujet à la mode : le cinquantenaire de la Guinée pour la préparation duquel vous êtes associé. Croyez-vous qu’il faille réhabiliter Sékou Touré le 28 septembre ou le 2 octobre 2008 ?

         Ce n’est pas le cinquantenaire de Sékou Touré qu’il faut célébrer, mais celui de la Guinée indépendante. Il ne s’agit en rien de réhabiliter Sékou Touré, mais de faire un bilan public, objectif et contradictoire sur ce qui s’est fait de très bien, de bien, de médiocre ou de détestable au cours de ces cinq décennies, là encore sans oublier l’héritage de l’époque coloniale. Il ne doit y avoir aucune plaque commémorative, mais il ne faut pas occulter le passé, ce qui a été positif, ce qui a été négatif, et qui pèse encore sur les esprits des Guinéens. C’est l’occasion de mettre les compteurs à zéro, car il s’agit d’un problème de mémoire collective. La Guinée a maintenant derrière elle 25 ans de Première République et 25 ans de Seconde République. Je pense qu’il faut faire un bilan objectif des années « Sékou Touré », y compris celui des droits de l’Homme. Il ne s’agit pas du tout de réhabiliter Sékou Touré, car ce n’est pas l’objet ; mais il convient d’esquisser un bilan, de le mettre à sa juste place, comme tous les autres responsables qui ont joué un rôle dans le déroulement de cette histoire.

9°) Avec le recul, pourriez-vous qualifier de « globalement positif » le bilan de  Sékou Touré ?

         J’affirme que Sékou Touré avait les capacités et le prestige nécessaires pour que son bilan soit globalement positif. Ce n’est pas le cas, car il y a trop de points négatifs dans son action. Il faut être lucide sur ses excès, et je l’ai toujours été ! Je pense que son bilan est positif notamment dans le domaine des arts, de la culture et des sports. Sékou Touré a fait des efforts en matière de formation et d’éducation, en dépit du caractère obsessionnel de son idéologie. Béhanzin est pour quelque chose dans cette dérive radicale. Par contre, sur le plan économique, c’est largement un échec, dû à la collectivisation systématique et à outrance. On note du positif pour l’exploitation de la bauxite ( les trois sites de Fria, Kindia, Boké ont été mis en exploitation entre 1960 et 1975 ) ; mais des ratés pour la mise en valeur des gisements de fer du Nimba-Simandou, dont j’espère qu’ils sont aujourd’hui enfin prêts à être exploités pour le plus grand bien de tous les Guinéens et le bénéfice de toutes les régions du pays. Sur le plan politique, Sékou Touré a conduit la Guinée à l’indépendance sans un seul coup de feu ( que l’on pense au Vietnam ou l’Algérie, pour ne parler que des territoires qui étaient sous souveraineté française ) et il a également contribué de façon positive à l’unité africaine. Sur le plan des droits de l’Homme, en revanche, le bilan est totalement négatif ! J’ai eu l’occasion de le dire devant lui, en lui conseillant ouvertement de changer de politique, lors d’un colloque qu’il avait organisé en novembre 1978 sur « Droits de l’homme et droit des peuples ».

10°) N’étant pas « globalement positif », le bilan  de Sékou Touré serait-il alors « globalement négatif » ?

         Non, il n’est ni l’un ni l’autre !

11°) Alors, serait-il « globalement nul » ?

         Je ne dirais pas cela. Votre raisonnement est trop mathématique, M. Diallo !

12°) Quelle comparaison pourriez-vous faire entre le régime de Sékou Touré et celui du Général Conté ?

         Je connais sans doute moins bien les conditions actuelles, bien que je m’efforce de suivre avec attention ce qui se passe dans ce pays. Les deux régimes se caractérisent par énormément d’espoirs, dont beaucoup ont malheureusement été déçus! Certains gouvernements, certains Premiers ministres, certains ministres, certains responsables, ont fait de leur mieux, mais globalement, si l’on considère le formidable potentiel de la Guinée, on reste sur l’impression d’un formidable gâchis. Le premier a conduit la Guinée à la ruine au moins économique par la confusion du parti et de l’Etat et une vision idéologique qui n’était sans doute pas adaptée à l’esprit de la population ni au contexte africain. Le second, qui a su donner en 1984 une impulsion libérale et à desserrer une atmosphère trop étouffante, a moins de passif en matière de droits de l’Homme ( avec cependant les évènements de 1985 et ceux de 2007 ) sans toutefois réussir le virage économique tant espéré. Et que mérite amplement le peuple guinéen, qui n’a que faire des querelles et des ambitions qui se jouent au sommet.

13°) Abordons, à présent, le problème de l’unité nationale en Guinée. Ne trouvez-vous pas normale la frustration d’une certaine communauté, parmi les plus nombreuses, qui constate qu’aucun de ses représentants ne soit aux principaux postes de commande du pays ( Présidence de la République, Primature, Assemblée Nationale, Conseil Economique et Social, Patronat, Cour Suprême, Finances, Intérieur, « Extérieur », « grandes » ambassades comme Paris, Londres, Bruxelles, Berlin, Washington, Moscou, Ottawa, Tokyo, New Delhi, Pékin, Djedda, Dakar, Abidjan, Rabat, etc…) ?

         Vous avez raison, dans une vraie démocratie, il faut que toutes les composantes de la Guinée soient représentées équitablement, dans les hautes sphères de l’Administration. Mais je trouve dommage qu’on continue à raisonner encore en termes d’ethnies, à tout juger en termes d’ethnies. La question ethnique se posant en Guinée, on ne doit pas l’occulter. Mais ce n’est pas le seul instrument de mesure dans un pays.
         Je reconnais que Sékou Touré n’est pas innocent dans cette affaire, lui qui avait à un moment déclenché une véritable guerre à toute une communauté, forçant beaucoup de ses membres à l’exil. C’était excessif de sa part. Une véritable erreur ! Pourtant, d’éminents Peuhls lui sont restés fidèles jusqu’à la fin. Et la répression n’a pas épargné les Malinkés.

14°) une erreur ou une faute lourde de conséquences ?

         Sans doute, à la fois une erreur et une faute !
         Voyez-vous, mon rêve pour la Guinée était une solution politique à la libanaise, comme cela a été décidé autrefois, avec une répartition équitable et équilibrée entre les ethnies ou les religions pour les principaux postes à la tête de l’Etat. Mais l’exemple de ce qu’est aujourd’hui devenu le Liban est terrifiant et rend, je le crains, mon idée illusoire. A moins que les Guinéens ne parviennent enfin à dépasser ces clivages, où les générations jouent aussi leur rôle, et à raisonner et à agir globalement, en terme de peuple ( vous voyez, j’emploie volontairement le singulier ), de nation et d’Etat.

15°)  Croyez-vous que le choix de Lansinè Kouyaté comme Premier ministre ait été une bonne chose pour la Guinée ?

         Je connais et j’apprécie Lansana Kouyaté depuis longtemps ; il a été choisi à la suite d’une crise où la société civile a, pour la première fois, joué un rôle décisif et positif. Il dispose donc de beaucoup d’atouts, dont je pense qu’il tente de les jouer habilement ; mais je ne peux pas me permettre de juger dès aujourd’hui de son action. Nous devons actuellement nous attaquer au bilan de 50 années d’indépendance, et non pas à celui de 12 mois d’exercice de pouvoir. L’heure de faire son bilan arrivera aussi. Je souhaiterais que nous en parlions une autre fois.

Propos recueillis le 15/02/2008 par Ibrahima Kylé Diallo,
Directeur de la rédaction de
www.guineepresse.info

On lui tire le chapeau. De toute façon nulle ne peut faire disparaitre l'histoire, toutes les zones d'ombre qui subsiste encore dans le parcours de l'ancien régime et même du présent seront levées progressivement; on saura tous ce qui s'est passé.

03.06.2008

Curieuse manière de voir les choses

Décidemment, commençons par en disant cela, oui décidemment. Les gens sont ce qu'ils sont et on peut accorder credit à leurs dires, leurs propos jusque, du jour au lendemain ils exposent leur véritables visages. Nous voulons parler de l'article paru radio-kankan.com et qui suscite notre curiosité et nous laisse on ne peut plus médusé par la gravité des propos tenus. Pour celui qui écrit (le président du conseils des jeunes de kankan Mamady Diafodé kaba) il n'y a rien à dire. Il exprime un point de vue, reste à savoir si tout son conseil se retrouve dans une telle déclaration. Mais le célébrisime radio-kankan.com, c'est incontestablement un faux pas. Un site sérieux ne publie ce genre de choses, au risque de porter atteinte à sa credibilité chez ses lecteurs. Mais lisons plutôt.
 
"Les coups bas de Lansana Conté

Après la désertion de l’armée guinéenne ce samedi face à la situation qui prévaut la Guinée,les réactions se bousculent sur radio-kankan.com.Voici cette déclaration du conseil des jeunes de la région de Kankan.
« La mutinerie des soldats guinéens constitue une saynète pour amuser le peuple de Guinée.
De quoi Lansana joue-t-il ?
_Enlever un Malinké :
_Mettre un Peulh a sa place :
_Organiser une mutinerie pilotée par un Forestier.
_Et le dirigé par Soussou qui est lui-même.Quel équilibre ethno-strategie ?
Un malade est entrain d’embarquer plus de 8 millions de personnes : Quelle idiotie de la part des guinéens !!!
Les accords tripartites obtenus par le peuple dans le sang et dans le feu se sont volatilisé.Les syndicats et la société civile ont-ils compris le jeu ?
Le peuple laborieux de guinée ! Lansana est entrain de vous diviser.
Et ; le PUP et ses hommes d’affaire vont seulement profiter de cette situation, car ils vont organiser librement les élections législatives et Somparé va se retrouver de nouveau président de l’assemblée.
Donc, les intellectuels Guinéens unissons nous pour déjouer cette tentative de ‘‘miséralisation’’ de ce peuple.Si non l’Histoire va nous condamner.
Il faut toujours rappeler que l’armée est du côté de Conté Lansana.Et, les jeunes nous regardent ; nous sommes entrain de jouer avec leur avenir à cause de l’argent.
En effet tout ce scénario profit à :
1-Conté
2-PUP
3-et Sylla patronnât et ses acolytes.
Par conséquent, toute personne doit éviter qu’elle soit rattrapée par son Histoire. »

Mamady Diafodé kaba vice président du conseil des jeunes de Kankan +22460353981, diafka@yahoo.fr

Ah oui commedirait l'autre. En fait la théorie de notre auteur n'est pas aussi stupide que cela. Les politriciens sont capables de tout. Ainsi la récente mutinerie des soldats se justifierait par le seul fait du changement de premier ministre en Guinée. Il s'agirait simplement d'une manière de camoufler le limogeage du Général Bailo à la tête de l'armée guinéenne. C'est peut-être vrai, la politique c'est d'abord et avant tout le machiavélisme. Cependant soumise à une analyse profonde cette thèse ....... je reviens 

Lettre ouverte à Ahmed Tidjane Souaré (Par Tierno Monénembo)

Monsieur le Premier ministre,

Je me dépêche de vous écrire avant que le poison du pouvoir ne vous monte à la tête. A supposer toutefois que sous nos doux cieux d’Afrique, la parole du petit peuple intéresse encore les demi- dieux qui nous gouvernent. arton1808.jpg
Ainsi donc, Lansana Kouyaté est parti ! Foin de larmes de crocodile, nous ne le regretterons pas ! Ce fut sur tous les plans un premier ministre catastrophique : une administration clanique, une gestion économique brouillonne caractérisée par l’amateurisme et la malversation ; un incroyable mépris de la loi et d’abord de la fameuse feuille de route qui constituait pourtant l’unique base de sa légitimité. Je ne parle pas de ses mauvaises fréquentations internationales et de ses méthodes policières expéditives dignes de ce régime tortionnaire d’antan qu’il croyait naïvement pouvoir réinstaurer…Un mois de plus, et cet homme nous menait tout droit à la guerre civile ! Reconnaissons tout de même qu’il a réussi l’impossible : redonner à Lansana Conté une virginité politique absolument inespérée ! Un comble !
Ainsi donc c’est vous que le décret présidentiel pour ne pas dire le fait du prince, a désigné pour gérer dorénavant les affaires du pays. Si le départ de Kouyaté nous réjouit, votre nomination ne nous fait pas déborder d’enthousiasme. Notre longue, notre triste, notre catastrophique expérience de Guinéen nous a clairement ouvert les yeux, Monsieur le Premier ministre. Nous savons maintenant qu’en politique, le poison a souvent un goût de miel et que les anges, au faîte du pouvoir, se transforment très vite en démons.
Vous pouvez faire tous les beaux discours que voulez, nous soûler de promesses et de belles intentions, nous ne vous jugerons que sur vos actes. En cinquante ans de chaos, le vacarme de la démagogie ne nous impressionne plus. Alors, de grâce, Monsieur le Premier ministre, rangez les micros et retroussez les manches !
Nous vous féliciterions plus tard si et seulement si vous réussissiez à nous dépêtrer de l’immonde marécage dans lequel nous ont plongés un demi- siècle d’irrationnel économique et de fumisterie politique.
C’est une vieille coutume, en haut lieu que d’aligner les priorités quand on s’installe pour la première fois dans les palais et les ministères. Voilà en général, ce qu’on a coutume d’entendre : aujourd’hui l’électricité, demain l’eau chaude, puis l’inflation, puis la transformation des matières premières, puis le volume des exportations, puis... Cette ritournelle- là, nos radios nous la distillent depuis que nous étions tout petits et vu le résultat que cela a donné, je suis tenté de dire : chantons autrement, inversons l’ordre des priorités.
L’économie, l’économie, l’économie, on ne parle que de ça en Afrique ! A croire que le continent se résume à un simple tube digestif !
Arrêtons de nous conduire en aveugles : ce n’est pas notre économie qui est malade, c’est notre société ! Nos problèmes économiques ne sont pas une cause mais une conséquence. Restaurer l’économie revient d’abord à restaurer le tissu national terriblement lacéré par les discours néfastes, l’esprit de clan et la ségrégation. Rien de bon ne se fera en Guinée tant que le gouvernement n’aura pas pris l’initiative de recoudre ce tissu- là. Et réconcilier les Guinéens (liés par le sang et par des siècles et des siècles d’histoire commune) n’a rien d’insurmontable. Quelques paroles apaisantes et quelques gestes symboliques suffiraient largement. Votre premier devoir (bien avant le prix de l’essence ou du bourakhé), c’est de redonner à chaque composante de la Guinée le sentiment de faire pleinement partie de la nation. Juste le temps de nous faire oublier les discours blessants de naguère ! Vous verrez qu’après, les replis identitaires et les frustrations communautaires disparaîtront d’eux- mêmes…
L’Etat, dans tous les pays (surtout ceux en voie de formation nationale) ne se définit pas comme un simple instrument juridique et institutionnel, il représente aussi un miroir qui doit refléter la diversité ethnique, régionale et religieuse. Aucune démagogie ne peut effacer cette vérité- là. Même les vieilles nations d’Europe et leurs ministres de la diversité n’ont pas échappé à cette règle élémentaire de la vie en commun. Nous sommes des Africains et nous savons tous que quand le maigre morceau de viande retient toujours au même enfant, il finit par quitter la famille.
Qu’est-ce qui donc a fait exploser le Libéria et la Côte d’Ivoire, le Rwanda et le Kenya ?
Au contraire, lorsqu’ aucune communauté ne se sent exclue, l’intégration sociale et culturelle se fait le plus naturellement du monde (cf. le cas du Mali ou du Sénégal).
A cet égard, nous attendons avec une extrême vigilance le gouvernement que vous vous apprêtez à former :
-si vous privilégiez votre village, votre ethnie ou votre région, nous vous condamnerons de la même manière qu’hier nous avions condamné Lansana Kouyaté
- si vous ouvrez les portes du gouvernement aux vieux vautours qui ont ruiné notre économie, vous exposeriez notre pays à un risque d’explosion encore plus grave qu’en janvier 2 007.
Monsieur le Premier Ministre, redonnez- nous le goût d’être guinéens, celui de vivre et de travailler ensemble dans l’harmonie interethnique et la fraternité et vous obtiendrez des miracles dans le domaine économique comme dans tous les autres secteurs de la vie nationale !
Sinon, vous risquez comme votre prédécesseur, de passer sous la trappe de l’Histoire, chassé sous nos quolibets et abasourdi par nos huées.

Tierno Monénembo

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