26.04.2008

Crise au sein de l’UPR

siradiou_diallo.jpgDepuis plus d’un an, le parti fondé par feu Siradiou Diallo traverse une grave crise interne entretenue par un groupe de frondeurs dont le cerveau, curieusement , est la veuve même de celui-ci, dans le but de mettre ce parti sous l’escarcelle de l’ancien Premier Ministre, Mr Cellou Dalein Diallo.

Jusque dans la première moitié de l’année 2006, Madame Assiatou Bah Diallo, Vice-présidente du parti, entretenait de bons et loyaux rapports avec Elhadj Ousmane Bah. Puis, il semble qu’un conflit relationnel serait venu assombrir le tableau entre les deux premières personnalités de cette formation politique. Ainsi, la veuve de Siradiou Diallo aurait juré d’avoir la peau de celui qui dirige encore le parti crée par son défunt mari. A force de retourner dans sa tête des stratégies de déstabilisation de son nouvel ennemi, Madame Assiatou Bah Diallo proposera discrètement un jour de l’année 2006 à Monsieur Cellou Dalein Diallo d’intégrer l’UPR pour lui en confier à terme la présidence.

C’est cette moutarde piquante qui serait bien montée au nez de Mr Cellou Dalein Diallo qui s’est donné les moyens de son action de déstabilisation d’Elhadj Ousmane Bah.

L’avant dernier épilogue avait été élaboré pour être exécuté le 14 mars dernier à Labé, lors des cérémonies de sacrifice du 4ème anniversaire de la disparition de Siradiou Diallo. Un groupe de 52 ou 53 personnes s’apprêtait –il de mettre à exécution un plan de contestation de Mr Bah Ousmane, arguant que celui-ci serait complètement coupé de la base du parti. Mais le mouvement finira par échouer, les délégués de toutes les fédérations présentes à Labé à cette date ayant affiché leur attachement à l’actuel Président de l’UPR. L’accueil des participants au symposium de Labé à l’endroit de la Vice-Président fut tellement glacial que celle-ci s’était retirée après un quart d’heure de présence. Dans la vie, certains ont la rancune tenace. Le groupe de dissidents sans baisser les bras s’est réorganisé pour produire maintenant le coup de force qui ressemble bien à un putsch. Mais pour qui connaît ce parti en profondeur, ce coup de force n’a aucune chance de réussir car tout dans la démarche des frondeurs repose sur de l’intox sans aucun respect de la procédure, dès lors que seul un congrès reste le cadre de discussion habilité à destituer le Chef de parti après le constat d’une faute lourde.

A ce jour, les frondeurs n’ont pas été capables d’indiquer la moindre faute imputable à Elhadj Bah Ousmane. Mieux, il semble même qu’ils seraient effrayés par la reconquête de l’électorat de la Moyenne Guinée par Bah Ousmane au détriment de Cellou Dalein Diallo qui trimbale dans l’opinion, en Guinée, mille et une casseroles.

Cette épreuve qui n’est que le début d’une longue bataille entre frondeurs et légalistes ne pourra être tranchée que par l’organisation prochaine d’un congrès où les organes dirigeants, à savoir les cellules de base, les sections et les fédérations se prononceront librement pour légitimer celui qui l’emportera.

Dans ces conditions, il reste clair que la veuve de Siradiou Diallo sera complètement laminée par Elhadj Bah Ousmane qui recueille à présent une large côte d’amour des militantes et militants de l’UPR.

Le mois qu'on puisse dire c'est que cette crise dénote des discensions, des conflits d'intérêts qui existent dans toutes les formations pulitiques guinéenne et même du monde. Mais ce qui est intéressant pour l'observateur, c'est que tout cela se produit alors que des scrutins sont à l'horizon. Cette situation aura au moins l'avantage de faire en sorte dans un avenir proche, le Fouta Djallon où ce parti est fortement implanté, sera l'objet de nombreuses activités politiques. Chose qui, encore une fois, au-delà de la cacophonie que cela provoque, contribue à former les populations dans le fonctionnement des activités politiques de leurs pays.